Conférences, performances, talk-shows, ateliers… les Mythologies du Futur font leur coming out
7 septembre 2014, 9 h 27 mi
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Les Mythologies du Futur (paru cet été chez Archipel) sont invitées à dévoiler leurs dessous.

Un peu partout. Souvent en séances privées, mais voici quelques moments publics.

 

 

le 25 octobre à Lyon

intergalactiques lyon 26 OCTOBRE 2014

 le 31 octobre à Nantes

utopiales

 

 

 

en novembre

 

LogoSalon

 

 

 

 

 

 



de nos métiers quelques mots
1 septembre 2014, 20 h 00 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

 

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c’est ici

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mythologies du futur – fragments et passages de rentrée
31 août 2014, 6 h 35 mi
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Dans Atlantico

Atlantico.fr

logo atlantico

 



Le vin coeur battant du monde

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http://www.atlantico.fr/decryptage/theorie-futur-vin-coeur-battant-monde-demain-mythologies-futur-christian-gatard-archipel-1714372.html

Les entreprises sont malignes. Quand elles seront bien vieilles, qui va s’occuper d’elles, sinon leurs consommateurs, disciples fervents ?

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http://www.atlantico.fr/decryptage/theorie-futur-entreprises-figures-cyniques-salut-mythologies-futur-christian-gatard-archipel-1714459.html

«Mythologies du futur»: entrevue avec Christian Gatard

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http://mythanalyse.blogspot.fr/2014/08/mythologies-du-futur-entrevue-avec.html



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29 juillet 2014, 20 h 36 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Note de lecture : "Mythologies du futur" (Christian Gatard)

Une revigorante quête de sens dans l’inlassable curiosité de l’enfoui et du discret qui annoncent le futur.

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Publié en mai 2014 à l’Archipel, le quatrième essai de Christian Gatard, dirigeant d’entreprise d’études qualitatives, romancier, sémiologue et prospectiviste renommé, poursuit résolument la trajectoire audacieuse et atypique de ce grand curieux qui parvient si bien à insuffler du sens à des phénomènes et des traces qui semblent souvent, au premier abord, (trop) simple sérendipité, tout en cherchant inlassablement, lecteur et rencontreur d’un grand éclectisme, à favoriser le pouvoir de celle-ci. "Mythologies du futur", plus encore que les précédents "Nos vingt prochaines années" (2009) et "Bureau d’études" (2008), en constitue une belle démonstration.

Tirant joliment parti d’un art de la rencontre et de la quête orientée mais ouverte qui le porte aussi bien en Chine qu’au Togo, auprès de performances avant-gardistes d’art contemporain comme dans des lieux chargés de magie à l’image de la lyonnaise Demeure du Chaos, Christian Gatard bâtit une intense et pertinente galerie de créatures archétypales qui donnent déjà forme à notre présent, et plus encore à notre futur, versions en permanence à actualiser de racines enfouies dans le passé commun comme créations expérimentales actuelles, issues des rythmes hallucinants d’une modernité courant souvent comme un canard sans tête.

Le livre fonctionne idéalement comme incitation à garder sa tête, justement, en profitant de chaque occasion de différence et de signification, détaillant même en un riche exemple d’aventure humaine la fondation en 2012 d’une informelle "Ligue des Mythographes Extraordinaires",  formalisée en 2014 en "Société Internationale de Mythanalyse", où l’on retrouve, aux côtés de l’auteur lui-même, et parmi de bien attachantes personnalités, un spécialiste de lanarration médiévale, un publicitaire traquant l’impact grand public de certains mythes rampants, un romancier et professeur de scénario, un libraire ex-dirigeant industriel, ou encore le créateur et animateur de l’un des plus formidables webzines français depuis 1995, pour ne citer que celles et ceux d’entre eux déjà évoqués ailleurs sur ce blog.

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Christian Gatard parcourt avec joie, ferveur, et un je-ne-sais-quoi d’humour facétieux, un extraordinaire terrain d’expérience, où, dans le creuset du confidentiel comme sous les yeux du grand public qui n’y prête pas toujours attention, se bâtissent les significations qui irrigueront le monde de demain, et invite chacun à saisir l’occasion de façonner une cartographie personnelle de ces parages semés d’innombrables écueils mais aussi de bien belles occasions de vie et de partage, intellectuel ou autre.

"Ces chimères ne sont pas monstrueuses. La chimère des origines est née des dieux et non des hommes, lion par-devant, dragon par l’arrière, et chèvre par le milieu du corps. Elle crachait le feu et dévorait les humains. Mais c’est de l’histoire ancienne, Bellérophon chevauchant Pégase : son coursier ailé a fini par la tuer mais il n’a pas éradiqué le principe qui la meut, et c’est ça qui nous intéresse : les rêves, les fantasmes, les utopies impossibles. Ces utopies chimériques, il faut les nourrir car elles sont souvent affamées, pas toujours contentes et souvent exigeantes comme un animal un peu trop gâté. Pour les faire grimper dans votre arche personnelle, vous les nourrissez de conversations. Elles peuplent la Mare Imaginalis, "cette mer imaginaire sur laquelle vogue l’être humain et qui de siècle en siècle, et quels que soient les lieux et les époques, demeure le lien fondamental de nos consciences" (Adrien Salvat)."

"Le futur, ce sont des ondes de choc émises ici et là, hier et aujourd’hui, peut-être demain (si on pense que le futur influence le présent et je pense que, oui, le futur qu’on imaginer influence le présent qu’on vit – c’est l’objet même de ce livre). Ces ondes nous rejaillissent dessus. On peut en ressentir les effets ou les deviner. La meilleure façon d’en parler, c’est de descendre sur l’aire de jeu et de plonger dans la mêlée. Mes notes de voyages sont pleines des histoires qu’on m’a racontées : des légendes qui se murmurent, des fantasmes qui se divulguent. Une grosse masse d’imaginaires flotte sur nos têtes, nous surplombant avec bienveillance ou nous menaçant de biais. Ils indiquent des changements de temps sociétaux. Le lecteur doit s’attendre à ce que les règles académiques ne soient guère respectées. La prospective est une discipline facétieuse et nous sommes les parents indignes du futur."

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

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au sujet de ce blog…
6 juillet 2014, 11 h 45 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Le projet Géographie du Futur se décline sur plusieurs modes: une collection publiée aux Editions de L’Archipel; le site sur lequel vous êtes en ce moment qui accueille des contributions innovantes sur la lumière que le futur peut projeter sur le présent; des animations et actions publiques telles que celles présentées au Zèbre de Belleville en juin et octobre 2014 (présent et avenir!), ou les rencontres régulières et informelles des membres de la société des mythographes extraordinaires et de la Société Internationale de Mythanalyse créée par Hervé Fischer.

Le blog Géographie du futur est consacré à une prospective collaborative et participative, irriguée par des témoignages d’acteurs, d’artistes et des experts dans l’exploration des possibles du futur immédiat. Il s’intéresse à la vraie vie des gens, aux mythes qui se construisent, aux fantasmes, à l’imaginaire… Il rebondit sur le réel et n’est pas dupe de sa propre fragilité.

Christian Gatard, Luc Dellisse

 

En ce moment et ci-dessous l’actualité du nouveau livre de Christian Gatard, Mythologies du Futur.

Pour retrouver le site professionnel de Christian Gatard cliquez ici   http://christiangatard.com/



chez Bob
2 juillet 2014, 20 h 01 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

 

Breaking news: à écouter sur la WEBRADIO de BOB (cliquez dans l’image)

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Mon interview avec BOB. 0,99 cts pour podcaster et écouter à partir de 1h:00:00

http://abonnement.bob-toutelaverite.net/podcasts-xsl-357_352.html

 



L’indiscipline intellectuelle de Thierry Groussin et les Mythologies du Futur de Christian Gatard
30 juin 2014, 18 h 55 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

29/06/2014

posté par Thierry Groussin sur son blog.


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Prospective des mythes

http://indisciplineintellectuelle.blogspirit.com/archive/2014/06/29/prospective-des-mythes.html

Donnant il y a peu, dans le cadre d’un séminaire, une conférence sur la prospective, après avoir succinctement évoqué les bases de la démarche – l’exploration de nos environnements multiples, de leurs intrications et de leurs tendances – je faisais une remarque sur un sujet qui me tient particulièrement à coeur: ce que l’on a coutume de laisser de côté. La plupart des démarches pèchent à ne s’intéresser qu’aux données matérielles et aux choses constatables. On fait de la prospective comme si la finance, l’économie, la technologie, la démographie, l’état actuel de la science, etc. avaient une emprise exclusive ou en tout cas déterminante sur le monde. Du coup, on en oublie certains des ressorts de rupture.

 

Par exemple, le principe d’Archimède: tout corps plongé dans un liquide reçoit de celui-ci une pression égale au poids du liquide déplacé. Vous allez me dire: que vient faire ici le penseur antique et son expérience de baignoire ? Il vient nous rappeler, tout simplement, que toute action engendre une réaction et que tout courant, aussi puissant soit-il et peut-être justement à la mesure de sa puissance, peut provoquer une cristallisation des résistances jusqu’à se faire retourner. N’est-ce pas, par exemple, ce que nous vivons aujourd’hui avec la multiplication des euro-sceptiques ? Ne sont-ce point, autre exemple, les abus de pouvoir de la médecine moderne qui font fuir de plus en plus de patients vers d’autres formes de soin ? Ou encore l’expansion arrogante et cynique des multinationales qui conduit des gens de plus en plus nombreux à imaginer une autre manière de vivre afin de ne pas nourrir leur puissance par la consommation de leurs produits ? Que celui qui doute du principe d’Archimède fasse l’expérience d’un « plat » la prochaine fois qu’il plongera dans la piscine!

 

Mais, comme pour la Révolution française, le moment où s’inversera le flux ne sera pas forcément à l’apogée du mouvement – lorsque Louis XIV établit la monarchie absolue – mais quand, sous les effets du mouvement lui-même, le rapport de pouvoir entre les protagonistes s’est insidieusement modifié: quand Louis XVI le débonnaire se retrouve face à une classe intellectuelle qui a eu le temps de réfléchir et de se doter d’une doctrine. Alors, une nième disette, pas forcément la pire, cristallise le potentiel de retournement, et l’histoire, subitement, s’emballe et sort du chemin tracé d’avance. Tout cela pour dire que ce n’est pas parce qu’une tendance se renforce constamment qu’il est assuré qu’elle l’emportera: elle se crée peut-être progressivement autant d’ennemis, et peut-être davantage bientôt, qu’elle a de partisans. Et ces ennemis, au surplus, deviennent de plus en plus conscients et avisés.

 

Parmi les facteurs qui façonnent le futur, je trouve aussi qu’on a trop tendance à donner le primat – mais cela parce qu’elle est mesurable – à la force des choses sur les productions de notre psyché. Croyez-vous qu’un prospectiviste oeuvrant à Rome vers l’an 40 de notre ère aurait prévu la victoire finale du christianisme ? Je pense d’abord qu’aveuglé par la puissance toute neuve de la Ville, il aurait été tenté de voir celle-ci indestructible. C’est notre lot à tous: ce qui occupe nos sens occupe aussi notre cerveau et le présent s’y donne des allures d’éternité. De même, Priam jusqu’au dernier moment n’a pu imaginer que Troie pût être détruite. Alors, aveuglé également par le prestige de la race qui vient de conquérir l’univers, notre futurologue latin n’aurait probablement eu aucune curiosité pour les peuples vaincus. Que pourrait-on trouver de bon dans le 9-3 de l’époque ? Quel germe d’avenir – vous plaisantez ! – pourraient bien se cacher chez les Barbares ? Et vous imaginez, en 1940, la France de la débâcle se redresser en 1944 ? Se projeter dans le futur sans la volonté de faire un pas de côté, de douter, c’est croire en l’immortalité de ce que l’on a sous les yeux: la puissance, la richesse, la réussite – ou, à l’inverse, selon ce que l’on observe, l’abaissement et la capitulation.

 

En tout cas, si notre prospectiviste avait eu le génie d’imaginer la fortune du christianisme, ce n’aurait pas été à la seule lumière d’un tableau de chiffres. Plus que des statistiques et du raisonnement, il aurait nécessairement usé d’un microscope et de l’intuition. Quel Romain de bon goût se serait-il d’ailleurs intéressé à ces étranges immigrés du moyen-orient dont l’empereur Marc-Aurèle trouvait qu’ils sentaient mauvais ? Quel intellectuel du règne d’Auguste serait-il allé assez loin dans son investigation des bas-quartiers de la Ville pour repérer, au sein de cette population méprisable, une religion naissante et supputer sa capacité d’expansion ? Quel sage de l’époque aurait-il osé l’hypothèse que cette croyance étrange en un homme que l’on avait crucifié comme un voleur prendrait le pas sur la science et la philosophie ? Aujourd’hui, avec deux mille ans de recul, on a beau jeu de montrer pourquoi il devait en être ainsi. Et encore, expliquera-t-on doctement que les conquêtes de l’empire avaient favorisé la diffusion dans celui-ci des croyances les plus exotiques. Que la pax romana et les voies romaines favorisaient la circulation des armées mais aussi celle des marchandises, des idées et des croyances. Que la diaspora juive a été l’accélérateur de la diffusion des Evangiles. Mais peut-on en rester à ces considérations de logisticiens ? Ne laisse-t-on pas de côté ce qui s’est passé au sein de certaines âmes, quelque chose de si puissant qu’aller au martyre a été l’acceptation de toute une population et que, quelques siècles plus tard, la religion de ces gueux, renversant le polythéisme officiel, est devenue religion d’état ?

 

Il y a quelques années, devant l’aveuglement de ma génération, devant sa surdité aux avertissements des Meadows et autres Reeves, devant son égoïsme et son incapacité à réfréner sa consommation destructive pour en laissez un peu à ses entants et à ses petits-enfants, je m’étais demandé si, en fait, plutôt que d’information, de lucidité ou de courage, nous ne souffrions pas surtout de l’absence d’un mythe qui nous aidât à nous transcender. Les premiers martyrs chrétiens allaient au devant d’une épreuve bien plus redoutable que la frugalité dont nous devrions décider aujourd’hui, mais ce qui les animait n’avait rien d’une analyse rationnelle: c’était la puissance d’une foi. Cette foi montrait le pouvoir de l’âme dès lors qu’elle a un point d’appui, autrement dit: un mythe. J’avais alors commencé à écrire un papier que, je crois, je n’ai jamais publié: « Avons-nous besoin d’un mythe pour sauver la planète ? ». Je voyais, périodiquement, dans les productions holiwoodiennes, resurgir ici et là de grands mythes et je me languissais qu’un ethnologue s’intéresse un jour au phénomène sous l’angle d’un catalyseur d’énergie disponible.

 

Or, voilà que, la semaine dernière, au détour d’un « post » sur Facebook, je découvre Christian Gatard et son livre qui vient de sortir: « Mythologies du futur ». Enfin, quelqu’un qui a compris que c’est dans l’imaginaire des peuples et non dans les statistiques que se préparent les nouvelles formes de la vie et de la société. Que le monde qui est là, que nous appréhendons à travers des données, doit, pour se réaliser vraiment, être accepté, trié, transformé ou rejeté par les hommes et les femmes, et que les enzymes de ces opérations sont les mythes qui nous habitent et parfois s’emparent de nous. Le dénuement de l’Allemagne d’après la première guerre mondiale ne devait pas nécessairement la conduire au nazisme. Issu de la réactivation d’archétypes tutélaires et des frustrations collectives, le mythe s’est présenté, il a recruté tout un peuple, et on connaît la suite.

 

Gatard porte sa lanterne dans les recoins les plus inattendus, débusque des personnages emblématiques et nous dépeint une ménagerie de chimères avec la jouissance frémissante – de peur parfois – d’un explorateur. Son regard révèle ce qui, à nos yeux insuffisamment exercés, se montre encore diffus, mêlé, indifférencié. Au vrai, nous baignons aujourd’hui dans une sorte de chaos des mythes qui n’a pas encore accouché. Nous sommes dans une caverne des ombres et les histoires qui s’y cherchent – que Gatard appelle Plan A, B et – surtout – C qui est à inventer – ne semblent pas encore avoir « pris », comme on le dit du ciment ou de la mayonnaise. Tout peut encore sortir de cette boîte dont on espère qu’elle ne sera pas une fois de plus celle de Pandore. En tout cas, nous enjoint l’auteur, il appartient à chacun d’entre nous de trouver son mythe – celui qui lui donnera l’énergie de vivre et, s’il le veut, de se transformer.

 

Christian Gatard, Mythologies du futur, préface de Michel Maffesoli, éditions l’Archipel, mai 2014.

 



l’angle exactement judicieux de lecture de Lorenzo Soccavo
28 juin 2014, 8 h 35 mi
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http://ple-consulting.blogspot.fr/2014/06/sur-mythologies-du-futur-de-christian.html

vendredi 27 juin 2014

Sur Mythologies du futur de Christian Gatard

Un essai décalé, un livre incontestablement intéressant, un livre qui se révélera peut-être important selon comme le sort en décidera vient de paraître aux éditions L’Archipel : Mythologies du futur, né de l’esprit tourbillonnant de Christian Gatard.

Quels rapports avec la prospective du livre et de la lecture qui pourraient justifier que j’en parle sur ce blog ?
La première fois que j’ai rencontré Christian Gatard c’était il y a un an à la Gaîté Lyrique, ce lieu parisien lui aussi en décalage, en résonance à la fois avec le passé et le futur, à quelques centaines de mètres à peine du Musée des arts et métiers et de sa chapelle peuplée de fantômes qui naguère conçurent et utilisèrent ces drôles de machines qui l’habitent aujourd’hui.
Christian m’avait spontanément abordé en marge du Colloque Sciences&Fictions auquel nous assistions tous deux (j’évoquais ce colloque dans un post du 5 juillet 2013), il était déjà dans cette aventure des mythologies du futur et, intéressé par mes recherches, il voulait savoir s’il pourrait citer dans son livre à venir un post que j’avais publié ici même en février 2013 : Portrait du lecteur en apiculteur. Ce qui se fit donc.

Un gyroscope comme boussole
Aujourd’hui un sentiment étrange m’agite. Que dire maintenant ? Comment lire ce récit, alors que son auteur y avance l’idée que la "métalecture immersive", que j’évoquais en suggérant le lecteur comme : "celui récoltant le miel de ses imaginations" va "permettre de s’approprier les récits [de son] Plan C" (p. 85) ?
Ce Plan C, qui nous est proposé dans cette feuille de route, comme repliée sur elle-même, découpée et présentée sous la forme d’un livre, ce plan qui nous est offert, en même temps déployé à la lecture par cette cartographie d’un monde en mutation (en perpétuelle mutation, le numérique n’a rien à voir là dedans), ce Plan C dont le lecteur entend le récit se dérouler au fil d’un long discours passionné, et qui pourrait nous rappeler les témoignages des premiers navigateurs, souvenirs précis et impressions mêlées qui servirent de prétextes au sérieux apparent et à la magie troublante des premières cartes graphiques, ce Plan C… qu’en penser ?
Je ne sais.
Les allitérations me servent ici à éviter, à dévier la charge de ce taureau.
Celui-là même inscrit dans la première lettre de l’alphabet.
"On va spéculer, nous dit Christian Gatard, que les forces de l’histoire sont d’irrésistibles marées dont les almanachs sont enfin lisibles, que les mythes anciens sont les scripts du futur. Et on va, au coeur du système, introduire des interférences, des courts-circuits et autres petites facéties." (p. 158).
C’est ce qu’il fait.
Cet essai pourrait-il provoquer un court-circuit ?
Combien de lecteurs lui faudrait-il, quels relais dans les médias planétaires, quoi, combien, pour provoquer un court-circuit ?
Peut-on considérer ses presque quatre cent pages comme de simples petites facéties ?
Cet essai entretient en vérité un rapport profond avec la prospective de la lecture, précisément dans le sens où sa substance même, à la fois, est, et se nourrit d’une lecture du monde où la parole non parlante des symboles, la parole agissante des mythes oriente la lisibilité du monde et de son histoire, de son passé, de son présent, et de son avenir aussi.
Rappelons-nous que Christian Gatard est à l’origine de la Ligue des Mythographes Extraordinaires et qu’il participe aujourd’hui de laSociété Internationale de Mythanalyse fondée par Hervé Fischer, agitateur de la mythanalyse que j’utilise moi-même dans le cadre de la prospective du livre et de la lecture.
Cette approche de la prospective par les mythes, leurs courants (flux et courants d’air) et ses ruissellements, l’oscillation entre la fable [muthos] et le discours [logos], entre les forces centripètes et centrifuges, entre "je me raconte des histoires", et, "je suis emporté par le courant de l’Histoire", cette approche de la prospective m’apparait plus éclairante et tout autant essentielle (bien plus en vérité) que les sérieuses approches académiques, stratégiques et autres, à l’américaine, à la française, ou toutes autres…
Car il s’agit aussi de répondre à cette question à l’échelle de l’humanité et au niveau de l’Homme : Notre futur est-il écrit ?
Quoi qu’il en soit, ce livre nous invite à une bien singulière exploration de l’avenir. Et, comme le disait Woody Allen : " L’avenir m’intéresse : c’est là que j’ai l’intention de passer mes prochaines années ! ". Nous aussi.


MYTHOLOGIES DU FUTUR… recension passionnante
26 juin 2014, 9 h 46 mi
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Compte-rendu de l’ouvrage :

  • GATARD (Christian), Mythologies du futur (Préface de Michel Maffesoli), Paris : Ed. L’Archipel (Coll. « Géographie du futur »), 2014, 372 p.

Par :

Ali AÏT ABDELMALEK, Professeur des Universités en Sociologie (E.A.-CIAPHS), Université de Rennes 2

 

C’est à la période même où nous sommes si soumis aux pressions du présent et de la quotidienneté, et qu’on commémore le passé – i.e. : les fêtes des « 6 » et « 18 juin 1944 » ! – que nous voyons réapparaître des préoccupations et des travaux qui mettent vraiment l’accent sur la nécessité de prendre en considération le « futur » ; ainsi, selon Christian Gatard, dans son récent essai, publié dans la Collection qu’il dirige (i.e. : « Géographie du futur ») aux Editions L’Archipel, et intitulé « Mythologie du futur », et préfacé par le sociologue Michel Maffesoli, le futur « n’est pas ce que l’on croit ». On notera d’ailleurs que C. Gatard est déjà l’auteur de nombreux ouvrages, dont « nos vingt prochaines années » (L’archipel, 2009). Ainsi, le livre – Mythologies du futur – part de l’idée, apparemment très simple, qu’« on fabrique (le futur) au jugé chaque jour » et, surtout, qu’ « on ne sait pas trop où on va, mais on y va ».

L’ouvrage de 372 pages s’inscrit résolument dans une recherche prospective, et l’on ne s’en étonnera guère, puisque l’auteur est, en effet, le fondateur de l’institut (qui porte son nom, « Christian Gatard & Go ») d’études créatives et de recherches prospectives. De quoi s’agit-il au juste ? D’abord, d’une enquête planétaire, puisque le lecteur est carrément invité à « composer sa propre feuille de route pour des temps incertains ». Mais qu’est-ce que l’incertitude si ce n’est la « contraire de la certitude », c’est-à-dire, le fait d’être « sûr de quelque chose ». Si dans les sciences de la nature, le mot peut être associé à la marge d’imprécision, par exemple sur la valeur de la mesure d’une grandeur physique, le concept est directement relié à celui d’« erreur », qui est, en fait, l’écart entre la valeur mesurée et la « vraie » valeur, par hypothèse et par essence totalement inconnue. Ainsi, le principe même d’incertitude est l’un des fondements de la mécanique quantique. Mais, dans tous les cas, l’incertitude est liée au fait qu’on s’intéresse à l’avenir, et ce, à partir de données et d’éléments du passé, et elle n’est jamais nulle – d’où une certitude, celle de l’incertitude, pourrait-on dire aussi – mais elle peut être très faible. Dans nos travaux, concernant les risques alimentaires, nous avons insisté, par ailleurs, sur le fait que l’incertitude révèle ainsi l’« illusion d’une sécurité parfaite ». Dans les activités sportives dites « d’opposition », on parle volontiers d’« incertitude événementielle » ; elle concerne le caractère évidemment imprévisible du comportement de l’adversaire, de ses stratégies et ses techniques. Les psychologues et les sociologues notent, enfin, l’aversion au risque, dans la vie, surtout « quand il y a plus à perdre qu’à gagner » ! On comprend mieux, dès lors, toutes les tentatives de maintenir le statu quo et les difficultés d’innover !

L’introduction du livre explicite le choix de l’auteur, qui a, dit-il lui-même, « un immense appétit de futur » (p. 7), et qui propose ni plus ni moins qu’« une feuille de route » (une « boussole » dit aussi M. Maffesoli), pour une humanité, « mal équipée », selon lui, pour « aller au bout de l’histoire » (p. 24). L’ouvrage contient 14 thèmes qui ne sont regroupés ni en chapitres ni en parties, ce qui, par moment, complique la compréhension de la logique et de la démonstration ; ces « parties » exposent en effet la très grande variété des approches tirées des sciences humaines, les problématiques et les principaux enjeux de la prospective, ainsi que les pratiques sociales que l’auteur interroge, généralement, à travers la notion de « mythes » et de « mythologies », pas toujours explicitées. Mais, conçu comme un « plan C », chaque thématique est élaborée de façon synthétique, à la fois problématisée et bien incarnée par une argumentation rigoureuse et pertinente, et la bibliographie complémentaire du propos de C. Gatard, dans les notes de bas de page, permettent de bien repérer les ouvrages classiques pour comprendre les interrogations concernant la philosophie et les représentations sociales contemporaines du futur.

Mais, l’apport le plus original de ce livre se trouve dans ce que l’auteur a intitulé les instruments de navigation » : il s’agit, en fait, conseille-t-il, de « voyager hors des sentiers battus » car cela n’« exclut pas d’aller puiser dans la caisse à outils de l’histoire de l’espèce humaine » (p. 39). Plus concrètement, il faut « oser le plan C », car « les instruments de navigation sont revendiqués par une foule de gens. Chacun s’en sert… à sa manière » (p. 52). Ces textes qui, heureusement au final, ne suivent pas un modèle d’analyse standardisé, sont vraiment passionnants et la plupart, mais pas tous, ont l’avantage d’être très denses. Ils essaient en fait de dégager les caractéristiques des mythologies et, surtout, de mettre en évidence leurs fondements et leurs logiques. Cette intégration montre à quel point il est capital d’adopter une démarche « positive », et anthropologique en réalité, si l’on veut comprendre pourquoi le monde se révèle une « aventure passionnante », parfois cocasse, dit-il aussi, et parfois « limite » ; on comprend aussi mieux la raison pour laquelle existent tant de différences entre les sociétés et à l’intérieur même de ces sociétés.

J’ai, ainsi, beaucoup aimé la lecture de cet essai, et je recommande notamment aux sociologues du « quotidien » qui étudient la société « comme elle fonctionne » et non « comme ils voudraient qu’elle fonctionne », de lire justement les pages consacrées à Michel Maffesoli, « Le nœud papillon de Maffesoli » (page 328 et suivantes). Les « fans de MM », pour reprendre le mot de C. Gatard, ne manqueront pas de sourire en lisant l’interrogation suivante : « Maffesoli éprouve-t-il le besoin d’être observé comme une tribu en soi, à lui tout seul ? » (p. 330). En tout cas, M. Maffesoli ne laisse jamais indifférent, et, s’il a certes quelques détracteurs – et C. Gatard le rappelle dans son évocation – mais on sait, aussi, que beaucoup d’autres lecteurs et collègues apprécient son attention extrême aux choses considérées très souvent comme « frivoles ». Si Michel Maffesoli n’est pas « prospectiviste », on rappelle néanmoins, à juste titre, dans cet essai, qu’il « observe le monde » ; à cet égard, on peut regretter précisément le manque de « neutralité » (axiologique, diraient certains), de l’auteur de « Mythologies du futur » ; de plus, la question de l’universalité des mythes est trop rapidement évacuée aussi, il nous semble, alors qu’une question très originale épistémologiquement a été posée : « « Existe-t-il un mythe des mythes ? » (p. 350) ; en outre, relier, comme le suggère l’auteur (p. 351), la science fiction (la « SF ») à la prospective ne va pas de soi, loin s’en faut ! Enfin, si de nombreux auteurs sont ainsi convoqués à l’appui de la démonstration et de la tentative de donner un sens aux nombreuses observations issues de plusieurs années d’explorations (et de surprises) de l’auteur, on est loin des analyses et de la précision sémantique et des analyses « structuralistes » de Roland Barthes et plus « complexes » d’Edgar Morin, à propos des « mythes » ! Mais, ces quelques critiques que je formulerai à l’égard de cet ouvrage ont principalement trait à l’absence difficilement inexplicable de conclusion ainsi qu’à l’absence d’un document de synthèse portant spécifiquement sur les mythologies modernes, sachant que la vie quotidienne que l’auteur préconise sert très souvent de base de comparaison, mais aussi et de référence à la vie future. J’ai vraiment apprécié ce grand voyage à l’intérieur des mythologies contemporaines des sociétés modernes, et je sors enrichi par cette plongée dans les particularités des mythologies occidentales et orientales et des liens qu’elles entretiennent entre elles. C’est donc, au final un livre très original qui, à mon avis, n’a pas d’équivalent, car il a été pensé de manière à sensibiliser le lecteur à la diversité des mythes, anciens et actuels, traditionnels et modernes. Ainsi, après avoir appris beaucoup en lisant les diagnostics, à travers un matériau d’analyse très riche, les lecteurs pourront utiliser des grilles d’interprétation, leur permettant de moins tomber dans les travers de l’ethnocentrisme. Et, en définitive, cet essai de Christian Gatard est la preuve de la grande cohérence qui existe entre les différentes mythologies, et confirme, s’il le fallait, qu’il est toujours possible, en adoptant une démarche « humaniste », de devenir plus attentif aux personnes moins favorisées dans une société donnée, et ouvert aux autres cultures. Il s’agit, à n’en pas douter, d’un magnifique plaidoyer pour augmenter la prise en compte des différences individuelles et collectives, face à la domination des approches universalistes et d’un projet homogénéisant, que chacun sait de plus en plus exigés et prescrits dans la mondialisation de la gouvernance, de l’économie et de la culture. A cet égard, on redira que la mission est accomplie : l’auteur invite en effet le lecteur à « se construire son propre récit du futur » !

Ali Aït Abdelmalek

A Rennes, le 26 juin 2014

 

 

 

 



Radio Nova annonce Mythologies du futur en avant première et le fait très bien
17 juin 2014, 15 h 25 mi
Filed under: Actualité et nouveautés, previously sur ce blog

 

Thomas Schlesser sur Radio Nova

CLIQUEZ ICI

http://www.novaplanet.com/radionova/32251/episode-la-futurologie

OU DANS CETTE IMAGE:RADIO NOVA

 et pour en savoir plus

 

http://christiangatard.com/

 



soirée de lancement de MYTHOLOGIES DU FUTUR
15 juin 2014, 10 h 20 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Invitation soirée Christian Gatard 600px



delphine volange
6 mars 2014, 10 h 38 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

NEW-Affiche Delphine 40,2x60,2



vous avez dit mutation?
6 décembre 2013, 21 h 09 mi
Filed under: COUPS DE COEUR

hé bien vous n’avez pas tort!

REMI SUSSAN vient de publier FRONTIERE GRISE un livre sur les nouveaux savoirs, les nouvelles croyances et stupidités sur le cerveau. Bluffant!

soussan

HERVE FISCHER a présenté sa MYTHANALYSE dans le séminaire de MICHEL MAFFESOLI à La Sorbonne. Fascinant!

 

fischer 2

NICOLAS CHEMLA publie dans son blog Le Gay Tapant un papier … fulgurant!

CHEMLA

http://blogs.mediapart.fr/blog/legaytapant/031213/apres-les-annees-bobos-2013-annee-boubour

Il cite en plus un article de THOMAS CHATTERTON WILLIAMS, acéré! Le lien est dans l’article. Ca vaut la lecture!

chatterton

LUC DELLISSE raconte les amitiés de Pierre Louis et Gide, brilliant!

dellisse

LAURENT COURAU termine son film sur la DEMEURE DU CHAOS… stimulant!

lAURENT

ERIC DE RIEDMATTEN vient de livrer son étonnant et optimiste LES 50 INNOVATIONS QUI VONT BOULEVERSER NOTRE VIE D’ICI 2050

ERIC

Qu’on en vienne pas dire qu’il ne se passe rien…

Vous savez ce qui fait le lien entre tous? LA LIGUE DES MYTHOGRAPHES EXTRAORDINAIRES. Ils ne le savent pas tous… car la LIGUE c’est  un mythe moderne et un mythe c’est un récit pour passer des temps difficiles et ça se chuchote … vous en saurez plus bientôt…

et toujours http://christiangatard.com/ pour la prospective buissonnière



Hervé Fischer le 3 décembre 2013 à Paris
24 novembre 2013, 9 h 14 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Les visiteurs de ce blog ont souvent rencontré Hervé Fischer. Voici l’occasion de crever l’écran…

Cycle de séminaires Ambiances Quotidiennes

 Hervé Fisher 2

¤ 3 décembre 2013

Hervé Fischer (UQAM): Qu’est-ce que la mythanalyse?

 

à 16h30 Salle des thèses E637 en Sorbonne Galerie Claude Bernard Escalier P, 1er étage

12 rue Cujas

75005 Paris



géographie du futur
2 novembre 2013, 18 h 34 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

geographie du futur la collection

La collection Géographie du Futur  est consacrée à une prospective irriguée par l’ensemble des témoignages des randonneurs qui s’intéressent à l’avenir. Les outils de recherche qui sont mis en œuvre sont le désir et l’inquiétude, les sciences humaines, la création artistique et littéraire, la participation de prospectivistes et de créateurs (artistes, écrivains, sociologues, entrepreneurs, journalistes…) et une sociologie innovante fondée sur l’intelligence collective, la sérendipité,  la curiosité. Les ouvrages de la collection s’intéressent à la vraie vie des gens, aux mythes qui se construisent,  aux fantasmes, à l’imaginaire. Ils ne prétendent pas annoncer le futur mais participer à son avènement. Sans être dupe de la fragilité de la démarche mais avec un immense appétit de futurs. 

Je suis heureux d’accueillir dans cette collection le nouveau livre de Eric de Riedmatten, LES 50 INNOVATIONS QUI VONT BOULEVERSER NOTRE VIE D’ICI 2050.

http://www.youtube.com/watch?v=CYU75mEvFXk

 

ERIC

pour accéder à mes actualités prospectives

http://christiangatard.com/

et

http://www.lehub.info/

et aussi

https://www.facebook.com/christian.gatard

 



Le mardi 29 octobre à 18h30
17 octobre 2013, 8 h 16 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Encore un moment exceptionnel:

Luc Dellisse est heureux de vous inviter à la soirée consacrée à son nouveau livre:

Le Tombeau d’une amitié. André Gide et Pierre Louÿs, aux Impressions nouvellesletombeau

Le  mardi 29 octobre 2013 à 18h30

Une courte conférence intitulée « Le regard de Pierre Louÿs » lui permettra de vous faire découvrir les personnages de cette étrange histoire.

Délégation générale Wallonie-Bruxelles

274, boulevard Saint-Germain

5007 Paris

Métro : Assemblée nationale

RSVP avant le 25 octobre

Courriel : delgen@walbru.fr

Téléphone : 0153850501



les Intergalactiques de Lyon 26 octobre 2013, 14h
7 octobre 2013, 8 h 41 mi
Filed under: Non classé

lyon interg

 

http://www.intergalactiques.net/rencontres-et-tables-rondes-2013/

SAMEDI 26 OCTOBRE | AMPHITHÉÂTRE

14h00 : Google, Apple, Microsoft : l’avènement des Méga-Corporation imaginé dans les années 70 est-il arrivé ?
Avec Christian Gatard. Modérateur : Quentin Bruet-Ferréol

15h30 : Rencontre avec Jean-Pierre Andrevon.

16h30 : La transformation de l’être humain dans le cycle de « Dune » de Frank Herbert.
Avec Anudar Bruséis, Gérard Klein. Modérateur : Julien Jal Pouget.

http://www.intergalactiques.net/christian-gatard/



Nos 20 prochaines années à la Foire de Marseille
6 octobre 2013, 6 h 57 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

A l’invitation de Georges Lewi et sur

http://www.mythologicorp.com/a-marseille-gatard-jamet-en-phase-sur-la-vision-du-futur-les-4-points-dancrage-dune-mythologie-du-futur/

A Marseille, Gatard, Jamet en phase sur la vision du futur. Les 4 points d’ancrage d’une « mythologie du futur »

Pour suivre Georges Lewi sur http://www.mythologicorp.com



LES 50 INNOVATIONS QUI VONT BOULEVERSER NOTRE VIE D’ICI 2050
3 octobre 2013, 15 h 42 mi
Filed under: previously sur ce blog

C’est le nouveau livre de Eric de Riedmatten. Je le publie dans ma collection Géographie du Futur, chez L’Archipel.

Christian Gatard

En librairie le 16 octobre  2013                                               450 pages  environ – 23 €

Après L’Impératif du Vivant de Thierry Gaudin paru cet été.

les 50

Recouvrer la vue, se faire opérer à distance, s’offrir une peau de bébé grâce à des algues rares, se soigner à partir de cellules médicaments, habiter des ponts construits en néobéton, faire pleuvoir de l’eau solide pour éviter la sécheresse, louer tout ce que l’on veut et partager ses dettes,  s’offrir une retraite dorée dans des maisons autogérées, embaumer nos vies avec le parfum digital, utiliser du plastique solide comme du verre, marcher sans fin avec des chaussures qui absorbent l’effort et la fatigue,  lutter contre la sécheresse grâce à des châteaux de glace bâtis au sommet des Alpes…

Avant 2050, toutes ces innovations feront partie de notre quotidien. Elles sommeillent actuellement dans les centres de recherche des grandes entreprises internationales. Certaines sont embryonnaires, d’autres presque au point… Embarquement immédiat pour 2050…

Les 50  innovations sont présentées chronologiquement, chacune sur 8 pages, classées par catégories. Les articles ont été validés par un comité scientifique composé d’éminents savants et chercheurs.

ericNé en 1963, Éric de Riedmatten a été journaliste au service économie d’Europe 1 pendant 14 ans et animateur de l’émission « Décideurs ». Il a également travaillé pour La Vie Financière et Le Figaro Magazine. Conseil en communication stratégique chez CLAI, l’un des premiers cabinets de consultants parisiens, ancien dir’ com’ de Siemens et de BMW, il fut l’instigateur du « Grand Prix Siemens de l’Innovation » et du « Club de l’Innovation Européenne ». Il est l’auteur de XXIe siècle : Ces innovations qui vous changer notre vie, préfacé par Axel Kahn (l’Archipel, 2005). Pour ce deuxième ouvrage, c’est André Brahic, chercheur au Collège de France, astronome et astrophysicien né en 1942 à Paris,  connu du grand public pour avoir découvert les anneaux de Neptune, qui signe la préface.



Vous êtes ici sur le blog en constante mutation de nos 20 prochaines années et ses explorations prospectives
1 octobre 2013, 5 h 10 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

L’actualité prospective, les conférences, les rencontres c’est ici cliquez là http://christiangatard.com/

Vous y trouverez du grain à moudre pour prendre de l’avance sur le futur et des propositions de scénarios de socio-fictions. Vous y découvrirez la collection Géographie du Futur avec le nouveau livre d’Eric de Riedmatten. Vous pourrez assister aux captations videos de mes conférences récentes.

 

Pour accéder à l’initiative collaborative du HUB PROSPECTIVISTE, avec ses actualités fraîches et chaudes , émergentes et souterraines (appréciez les oxymores), cliquez ici http://www.lehub.info/

Vous y retrouverez les contributeurs de sa nouvelle livraison…courau

lorenzo-soccavoClaude GrunitzkyOLIVIER_PARENT_01CG VINS



Les mythes du futur dévoilés à Marseille le 30 septembre à 16h.
24 septembre 2013, 14 h 53 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

 

 

La Foire internationale de Marseille a décidé de traiter cette année de toutes les créativités, de toutes les innovations et d’aborder « nos 20 prochaines années ».

Elle invite 3 experts reconnus pour leur approche des mythologies du futur, à commencer par le célèbre prospectiviste Christian Gatard, « qui vit aujourd’hui pour demain. »

Emmanuel Lemieux, journaliste, qui travaille sur les emplois du futur

et Thomas Jamet de l’agence Moxie New-York/Paris(groupe Publicis)  qui va apporter son regard sur la révolution du digital et son impact à 20 ans…

Puis suivra une table ronde, sur Marseille dans 20 ans, présidée par Michel Kester, le président de Safim  qui accueillera Bernard, Belletante, DG de Kedge Business School, Hugues de Cibon de Marseille-Provence 2013 sur les enjeux de la culture pour l’économie, , Richard Latière et d’autres managers et chefs d’entreprises. qui font l’économie marseillaise…

Belle initiative de la Foire de Marseille, qui se situe en affluence visiteurs  juste derrière Paris et réalise sur le site pendant 10 jours 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, l’équivalent du chiffre d’affaires annuel de ….10 hypermarchés de taille moyenne.

Les grandes foires ne sont pas mortes car, pour les plus dynamiques d’entre elles, elles ont su conserver leur part de mystère annuel, les animations, et les rencontres qui recréent cette atmosphère bon enfant dont beaucoup d’entre nous rêvons encore…Le mythe de l’agora n’est pas vraiment mort malgré le numérique.Il semble même que le numérique  encourage ces nouvelles sociabilités.

Rencontre économique de la Foire de Marseille. « Nos 20 prochaines années ». Palais des Arts (dans la Foire). Lundi 30 septembre de 16 à 19 H. Entrée gratuite à cette conférence (à condition d’avoir son « billet Foire »)

 



LES BONNES PRISES DE SEPTEMBRE
18 septembre 2013, 4 h 35 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

l’eZine des Mutants Digitaux

Le regard de Laurent Courau, fondateur, animateur et éditorialiste de La Spirale, sur le monde tel qu’il devient est un des plus stimulants du web.

La toute récente mise à jour de ses voyages aux frontières décape et enthousiasme.

courau

http://www.laspirale.org

 

 

 

 

 

 

 

"Le street art au tournant. Reconnaissances d’un genre" de Christophe Genin

Une initiative de Benoit Peeters et des Impressions Nouvelles: puisqu’on vous dit que le siècle sera collaboratif!!!

Benoit 2

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/le-street-art-au-tournant-reconnaissances-d-un-genre-de-christophe-genin

et n’oubliez pas d’aller visiter le HUB PROSPECTIVISTE  pour des nouvelles fraîches du futur ainsi que mon blog du FORWARD PLANNING pour suivre ou devancer mes travaux en cours.



une rafraîchissante exploration mythologique
14 septembre 2013, 8 h 26 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Chers amis iconophages et facétieux mythologues, une visite sur ce Tumblr SCORPION DAGGER s’impose. Un clic dans l’image et vous y êtes.

gif-drole-peinture-renaissance-18

Vous pouvez aussi y aller par là:
http://www.facebook.com/l/rAQHNi6vp/www.laboiteverte.fr/gif-amusants-base-peintures-renaissance/

Pour accéder à l’initiative collaborative du HUB PROSPECTIVISTE, avec ses actualités fraîches et chaudes , émergentes et souterraines (appréciez les oxymores), cliquer ici http://www.lehub.info/

Pendant ce temps, l’actualité prospective, les conférences, les rencontres c’est cliquez ici http://christiangatard.com/
Vous y trouverez du grain à moudre pour prendre de l’avance sur le futur.



BIENVENUE EN MYTHISTAN
30 juin 2013, 11 h 09 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Comme dans toute bonne chasse au trésor il faut une carte. Je me suis donc proposé de dresser la carte du royaume imaginaire que ce blog a pour mission de faire connaître : le Mythistan.

Certes, le Mythistan est une speculatio ce qui en bas-latin désignait un lieu d’observation. Plus tard le terme fut employé à propos des prévisions[1]. Les deux acceptions sont bienvenues. On va explorer le Mythistan, rencontrer certains de ses habitants, dénicher ses secrets de fabrications puis de ses hauteurs observer ce qu’on peut voir, en l’occurrence la Mythérannée, et se faire une opinion. Or, dans un monde saturé d’informations, malade d’infobésité, une opinion, pour risquée qu’elle soit, est une corne dans la brume. Tant mieux car une brume tenace protège le Mythistan des touristes qui viennent prendre des photos pour les poster immédiatement sur leurs blogs. Le cliché est tellement flou qu’on y voit pas grand chose. On se rend compte tout de même compte que le paysage y est escarpé, pas facile à pénétrer. Les  témoignages d’explorateurs patentés ne sont guère plus concluants. Le temps est changeant, les conditions de séjour délicates, l’accueil des autochtones ambigu. Les documents que proposent ces explorateurs sont certes étayés et puissants, souvent passionnants mais leur vision pessimiste voire catastrophiste me déprime et surtout ne me convainc pas. Il faut pour explorer le Mythistan un esprit bateleur et un agnosticisme joyeux mais obstiné.


[1] D’après Richard Dawkins, et d’autres, la spéculation — soit la possibilité de voir les choses « à la fois pour soi-même et en se mettant à la place d’autrui » — est pour l’homme une activité vitale pour survivre et se reproduire. Selon eux, depuis les temps préhistoriques, ceux qui ont survécu le mieux et laissé une descendance nombreuse sont ceux qui y parvenaient le plus correctement (Wikipedia)



summertime
30 juin 2013, 11 h 00 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Voici une conférence récente sur l’invitation de Christine Marsan pour les Clés de la Mutation

cliquez dans l’image

conférence mythes

 

 

 

 

 

 

en cliquant dans l’image LE HUB PROSPECTIVISTE vous arrivez sur le HUB de la prospective, une nouvelle initiative sur le sujet conçue avec Olivier Parent.

lehub logo

 

 

 

en cliquant ici  vous arrivez sur mon blog professionnel

MON BLOGPRO

 

 

 

 

en cliquant ici sur sa photo vous arrivez sur le blog de Luc Dellisse

luc-blog-mars

 

 

 

 

 

bonnes visites!

Quelques liens pour mémoire dans le site des Mutants Digitaux de Laurent Courau

lAURENT

CHRISTIAN GATARD – NOS 20 PROCHAINES ANNEES

http://laspirale.org/texte.php?id=245

CHRISTIAN GATARD – LE PLAN C

http://laspirale.org/texte.php?id=357

et une belle découverte amicale et artistique grâce à Laurent Courau

Rodolphe

RODOLPHE BESSEY (INTERVIEW)

. http://laspirale.org/texte.php?id=325

RODOLPHE BESSEY (GALERIE)

http://laspirale.org/photo.php?id=323

SOCIAL PORTRAIT OF A WEIRD SOCIETY

http://laspirale.org/photo.php?id=324



PROSPECTIVE DU CHANGEMENT DANS LA SOCIETE DE CONSOMMATION
30 juin 2013, 10 h 21 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Entre émancipation et réconciliation, la société de consommation va en prendre plein les yeux.

Article paru dans la Revue INFLUENCIA de juillet/septembre 2013 CHANGER influencia change

       L’horizon des attentes est la victoire des valeurs féminines (c’est peut-être pour demain), l’horizon du réel est la ruse (c’est sûrement pour bientôt). La thématique rébellion/ réconciliation sera un des grands récits des temps qui viennent. La transparence va se rhabiller. On ne va pas s’ennuyer !

Dans quels domaines la société de consommation a-t-elle les plus grandes chances  de changer ?

Peut-être, pour commencer, pourrait-on lui souhaiter, à la société de consommation, de changer d’appellation et de faire preuve d’un peu de créativité sémantique… si l’achat de biens de consommation est à la fois le principe et la finalité de cette société on peut douter que ce soit l’horizon d’attente des décennies qui viennent. L’écologie et les religions, les innombrables critiques théoriques qui la diabolisent, les œuvres de fiction ont fait du terme société de consommation leur ennemi commun : l’homme et la planète méritent mieux  que d’être soumis à une mercantilisation toxique.

Pourquoi pas ?

Mais on peut aussi imaginer une réhabilitation du commerce. Le monde qui vient sera une ère de spectacles, de fictions, de sensations et de sensationnalismes. Un feu d’artifice permanent. Sentir, toucher, humer, en prendre plein les yeux. Les marques seront des espaces de sensorialité, de ressenti, où chacun se sentira épaulé, soudé, empli d’une énergie unique. Mariage du physique et du métaphysique. Il ne s’agira plus d’acheter un produit mais de participer à un mythe, lui-même inspirateur de la marque.

L’humanité a, de fait, un certain nombre d’arguments à proposer pour réenchanter son devenir. Les marques vont devoir prendre en charge ces défis. La bonne nouvelle c’est donc qu’elles seront encore là.

Les enjeux de la consommation vont muter en même temps que le monde va s’hybrider : basculement de la richesse vers l’Orient d’abord, puis vers le Sud, métissage homme-machine grâce aux nanotechnologies, urgence de vivre ici et maintenant dans un monde incertain mais fascinant.

Trois modèles dominants vont composer la carte mentale de ces mythes. De bons auteurs avaient suggéré que le xxie siècle serait celui de la femme. Bonne pioche ! Les grandes figures symboliques qui vont gérer l’imaginaire des marques seront yin. Ce seront trois grandes figures de la féminité : la reine, la rebelle et la déesse.

Les trois modèles de marques du futur

 Les marques historiques, figure de la reine, s’inspireront d’une tradition régalienne, monarchique. Leur côté « vieux jeu » fera fureur. Elles prétendront avoir été là de toute éternité. Elles fonctionneront dans l’imaginaire comme des salons d’hôtels de première classe où il fait bon se poser parfois. Le plus souvent, ce seront des marques-clubs, il faudra montrer patte blanche.

Les marques ludiques, figure de la rebelle, s’inspireront du populaire et de ses inventions rebelles et subversives. Elles se renouvelleront en permanence, elles créeront les modes du temps, se délecteront de leur caractère éphémère. Elles se signaleront par des cris de guerre, une créativité exubérante, une activité sexuelle revendiquée et ostentatoire. Elles seront difficiles à suivre, impossible à mesurer par des études de marchés. Elles feront peur. Elles accompliront l’exploit d’attirer à elles les irréductibles qui affirmeront encore résister à la société de consommation. Leur secret de fabrication : chacun sera une marque, tout le monde sera un logo.

Les marques océaniques, figure de la déesse, seront planétaires. Elles seront massives, cosmiques, trous noirs attrape-tout, gigantesques aspirateurs à imaginaires. Elles auront leurs villes, leurs univers, leurs parcs à thèmes. Elles seront spectaculaires, façonnées par l’affluence et la multitude. Elles auront une fonction essentielle: agréger dans une communauté de sens tous ceux qui auront besoin de se sentir faire partie du plus grand nombre. Elles reposeront sur le désir d’appartenance à une unité centrale qui ne sera pas vécue comme une autorité qui broie l’individu mais, au contraire, comme une puissance tutélaire protectrice. Dans les stades, elles transformeront les compétitions sportives en meetings charismatiques et néospiritualistes où l’individu se noiera à l’unisson dans un sentiment  enivrant.

Pour chacun de ces univers, les hologrammes qui remplaceront les écrans, les technologies d’imprégnation, pervasives, omniprésentes seront pain béni. La technologie n’est peut-être que la fille de l’imaginaire de son temps.

La mutation des métiers de conseils

 Pour accompagner cette mutation les publicitaires, consultants, coachs et autres poissons pilotes des entreprises devront faire la leur. Une nouvelle génération de ces gens-là prendra le pouvoir. Ce seront des artistes-entrepreneurs qu’on nommera psychrobates. Psychologues et acrobates seront les saltimbanques du 21ème siècle : artistes du spectacle vivant, malins et facétieux ils étonneront les foules. Les psychrobates s’intéresseront à des nouveaux registres créatifs : émancipation, ordre, jouissance de soi, communion, évasion, accomplissement, surnaturel, surhumain… Ils pousseront les marques jusqu’au bout de leurs logiques.

Le story-telling sera  la source des contes populaires

 Les histoires racontées par les psychrobates seront les nouveaux contes populaires. Mêmes structures, mêmes schémas narratifs, mêmes (dés)espoirs. Le retour des grandes foires festives sera l’occasion de recréer les arbres à palabres sous lesquels producteurs et citoyens, industriels et consommateurs viendront raconter leurs expériences et partager leur foi mystique dans la marque du moment. Le psychrobate en sera le nouveau griot.

Tout cela est possible.

De l’émancipation à la réconciliation, certes, mais il faudra passer par la case émeute

Les consommateurs vont-ils jouer le jeu et en accepter ces règles ? faire allégeance à ces marques toutes puissantes ? à ces nouveaux shamans magiciens psycho-machins ?

Pas sûr.

La soutane du prêtre, la barbe de l’imam ont incarné l’impératif religieux, la blouse blanche du médecin ou du savant ont représenté le pouvoir scientifique, les figures omniprésentes de l’ordinateur et du robot ont fini par matérialiser un monde dans lequel l’individu est aux ordres de la technique. Les marques avec leur puissance de feu publicitaire et leurs brevets propriétaires, les agences gouvernementales avec leurs décrets et diktats protecteurs vont-elles continuer d’imposer leurs points de vue ?

Pas sûr en effet. Ca peut changer. Ca va changer. Chacun va (vouloir) devenir expert. On va assister à une (tentative de) reprise en main de soi, à une remise en cause radicale de l’organisation pyramidale du savoir. Changement de besoin social, nouveau registre. Ce qui se dessine c’est le désir d’être ensemble dans un nouvel imaginaire partagé et horizontal. L’individu va s’émanciper de la hiérarchie du savoir et du pouvoir pour reconstruire une alliance nouvelle avec ses pairs. Quelque chose émerge qui est une sorte de réconciliation. Une nouvelle frontière est proclamée : le plein emploi de soi, considéré comme un nouveau contrat social à base d’intelligence collective – terme décidément clé –, de compassion et d’une bonne dose de patience vis-à-vis de l’impatience généralisée du monde. Les scenarios d’émancipation s’écrivent dès maintenant … mais pas sans grabuge.

Les émeutes jalonnent l’histoire. Au sens originel une émeute désigne une émotion liée à un événement considéré comme révoltant. Dans un premier temps, ce qui est révoltant dans la société de consommation telle qu’on la vit aujourd’hui c’est de ne pas pouvoir profiter des produits qu’elle propose, de ne pas pouvoir jouer au grand jeu de la destruction créative qui donne un doux vertige addictif. Evidemment dit comme ça c’est voir les choses par le petit bout de la lorgnette. La révolte est plus profonde :

Les périodes de crises, comme celle que nous traversons – et qui devrait selon toute probabilité empirer – sont aussi des périodes de remise en question. Les fondations s’effritent. Des brèches s’ouvrent. Plus que jamais, c’est le moment d’oser, de proposer et d’inventer. Les marges et les avant-gardes doivent maintenant repenser le monde en termes de construction, car c’est aujourd’hui sur ce terrain que se situe la transgression, la vraie rébellion[1].

Protestations, indignations, émeutes métaphysiques et jacqueries électroniques sur le net, guérillas de rues  vont secouer la société de consommation. Et puis ca passera.

La thématique rébellion/ réconciliation sera un des grands récits des temps qui viennent. La réconciliation de l’homme et de la nature imprègne l’espoir d’une écologie raisonnable, industriellement maîtrisée. La réconciliation entre les sexes, entre les générations, entre les cultures est vécue comme une dette que l’humanité a envers elle-même. Un rattrapage. N’est-ce pas une des formes possibles de l’accomplissement espéré de la nature humaine, la stratégie secrète de l’espèce ? Sans doute. Mais on peut parier que les structures vont résister, que les hiérarchies se défendre becs et ongles et surtout, surtout se poser la question clé : n’est-il pas dans la nature humaine de (re)construire tôt ou tard une hiérarchie, d’adouber un chef… pour ensuite lui couper la tête ?

Le cas de la transparence

Dans le monde pyramidal et hiérarchique règne l’opacité. La transparence, thème obsessionnel de ce début de siècle, promet d’établir des rapports horizontaux où l’information est distribuée de façon égalitaire. Sans doute s’agit-il de déjouer la saga des marchands qui exploite sans vergogne la crédulité publique  et de donner à chacun de quoi juger par soi-même. Au départ, la transparence se veut angélique. Il s’agit de déjouer les abus, lutter contre les mafias et les malfaçons. Les portiques sécurité des aéroports vous mettent complètement à poil ? C’est pour votre bien. On exhorte les entreprises à plus de sincérité en exigeant des labels de toute nature : elles sont d’accord pour prouver leur bonne foi. Puis les réseaux sociaux sont allés plus loin, inaugurant un espace d’impudeur fascinant. Tout est dit, écrit et publié sur tout dans l’instant et par tous. Chacun s’exprime, annonce, applaudit ou dénonce. Chacun a une opinion et la proclame, chacun (les gens, les états, les entreprises, les contre-pouvoirs…) se dévoile ou dévoile et accuse. C’est à une mise à nu du monde que l’on assiste. Et bien entendu cette façon de gratter la vérité jusqu’à l’os entraine des dérives. Car à force de tout montrer, trop et en détail, on finit par ne plus rien voir. L’addiction à la nourriture saine, la dictature du génome, la révélation de son patrimoine, l’obsession de la transparence seront bientôt mises en accusation. Un vent de révolte se lèvera : manger, boire deviendront peu à peu des actes de rébellion contre la dictature de ceux qui nous veulent du bien. La logique de la transparence passera pour obscène, quasi porno.

L’onde de choc qui va ébranler la transparence, c’est le retour en grâce du secret de fabrication. On a tous un secret de fabrication, une formule unique qu’aucune politique de transparence dictatoriale ne peut dévoiler. Préserver le secret de sa propre fabrication, c’est préserver ce qui est unique en soi, ce qui distingue de la masse. Une nouvelle génération de réseaux sociaux va s’emparer de ce nouvel horizon d’attente. Les consommateurs vont devoir ruser.

L’avenir est à la ruse.

Christian Gatard


[1]Laurent Courau, http://www.laspirale.org, prône une créativité embedded dans l’ordre du monde pour le régénérer de l’intérieur.



Quelles seront les sources d’inspirations de la vie quotidienne?
20 juin 2013, 7 h 36 mi
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explorons un peu…

Les inspirations collaboratives

Les consommateurs veulent parler d’égal à égal avec les marques, introduire leur éthique, ils se font les « brand angels » des marques, le crowdsourcing se développe.

 

Les inspirations artistiques

Les artistes , défricheurs des temps nouveaux , vont de plus en plus souvent servir de plates-formes d’inspirations en avance de phase, rebelles et inventeurs de codes.

 

Les inspirations transculturelles

Les marques vont puiser à toutes les sources. Les codes asiatiques arrivent chez nous quand les nôtres les fascinent ! De nouveaux modèles culturels s’élaborent : influence de la Corée, de la Chine… et de l’Afrique …peut-être plus vite qu’on ne le croie. Il faut suivre les marques émergentes : Brésil, Corée, Inde… Les représentations du propre et du sale vont suivre les principes de précaution et accentuer les fantasmes qui accompagnent le sain et la malsain. Un nouvel imaginaire du do it yourself va émerger: la maison ne cherchera plus à résister envers et contre tout aux agressions du monde, elle les intègre, elle les assimile. L’idéologie des disciplines martiales d’Extrême-Orient est convoquée : la recherche d’un meilleur contrôle de soi et de son environnement est primordiale. Le rapport à la maison « ultime tanière où se réfugier » sera essentiel.

 

Les inspirations technologiques

Les nano-technologies, les biopuces vont se mettre au service du beau et du soin, du propre et du pur, du fait soi-même… les applications du Cloud, les futurs « mobile tools »… feront appel au physiologique autant qu’à l’émotionnel. Que ce soit dans le domaine des mécanismes cellulaires, celui des molécules ou celui de la transmission des actifs, les chercheurs composent ou adaptent les extraordinaires progrès de leurs disciplines. Ils sont biologistes, botanistes, médecins, chimistes, généticiens, tous à l’affût des pistes les plus récentes.

 

 Les inspirations spirituelles

Les communautés savantes vont proposer de nouveaux ésotérismes … tension promise entre idéologies du sacré et du profane, formules magiques, cérémonies secrètes. La nature, le traditionnel et l’ancestral, la science des plantes…. une dimension de sorcellerie et de potions magiques, le retour à un savoir faire de grand mère ou immémorial ( référence à la médecine chinoise ou celtique).

 

Les inspirations écologiques

Le fantasme de la grande sécheresse du monde va inspirer les pratiques anti-âge, moteur de croissance de toute la profession. La guerre de l’eau sera la guerre de la peau et le désert sera une source d’inspiration. On rêvera d’une nature hyper idéalisée. Une cosmétique localisée (again made here) et une forme d’indication géographique protégée vont voir le jour. Un do it yourself haut de gamme va triompher pour faire de la maison un royaume autonome.

 

Les inspirations hédonistes

La recherche de la mesure hédonique, l’analyse des émotions et des sens…  on pourrait voir se dessiner des protocoles expérimentaux de mesure du plaisir, autres que le test de satisfaction. La douceur, la fraîcheur, la tendresse ne seraient plus des mots marketing, mais se positionneraient sur une échelle à vocation objective. On  cherchera vers les formes du plaisir d’autrefois (sublimé et revisité), vers les plaisirs exotiques, vers tout ce qui sera de l’ordre du sensationnel (dans tous les sens du terme).

A partir de ça elle va ressembler à quoi, la vie? 

cg



actualités et nouveautés
8 juin 2013, 19 h 32 mi
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CG2012 MEXICO 

Christian Gatard est le fondateur de Gatard et Associés, cabinet d’études de marché international, et de christiangatard&go, conseil en prospective. Essayiste, romancier, il dirige la collection GEOGRAPHIE DU FUTUR aux Editions de  L’ARCHIPEL. 

le roadshow


Cliquez dans l’image pour cinq minutes de présentation des roadshows Nos 20 Prochaines Années

Thierry Gaudin, Delphine Volange et Michel André sont les invités de cette livraison.

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Thierry Gaudin lui a confié L’IMPERATIF DU VIVANT qui parait cette semaine. Vous pourrez lire ci-dessous un long et passionnant entretien paru dans LeMonde.fr.

Le prochain concert de Delphine Volange

Delphine Volange était en concert le 18 février au PAN PIPER dans le 11ème à Paris. Elle fait partie des coups de coeur de ce blog depuis longtemps.

CLIQUEZ DANS SA PHOTO POUR ECOUTER L’EMISSION QUE LUI A CONSACRE LA VIGNETTE SUR FRANCE CULTURE

unamuno

Michel André présente dans BOOKS.fr un étonnant personnage

http://www.books.fr/blog/miguel-de-unamuno-lespagne-et-la-modernit/

 



Géographie du Futur en orbite
7 juin 2013, 15 h 19 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Christian Gatard est le fondateur de Gatard et Associés, cabinet d’études de marché international, et de christiangatard&go, conseil en prospective. Essayiste, romancier, il dirige la collection GEOGRAPHIE DU FUTUR aux Editions de  L’ARCHIPEL. 

L’esprit de Géographie du futur.

Autrefois on partait à la découverte des zones blanches de la carte du monde. Les grands découvreurs, les grands navigateurs ont fait rêver des générations entières. Ils sont partis explorer les terra incognita,  ils se sont émerveillés des différences, se laissant surprendre par des mondes encore impensables. Ils ont donné aux cartographes de quoi dessiner les contours du globe.  Les choses du futur sont un peu de cet ordre et c’est la vocation du dispositif méthodologique Géographie du Futur : partir à la reconnaissance des zones blanches des temps à venir et donner la parole à une prospective intuitive qui prend en compte utopies et dystopies sans en tirer une morale mais bien plutôt un enrichissement pour que chacun se projette d’une façon dynamique et s’enrichisse de pistes possibles.

Le dispositif de "géographie du futur" comprend:

1. Mon cycle de conférences  (cliquez dans l’image pour un exemple récent)

le roadshow

…Après  "Nos 20 Prochaines Années" un essai de prospective « out of the box », je traite dans mon nouveau livre (à paraitre cette année) des "mythologies du futur". Sociologue et chercheur, spécialiste du marketing de la consommation j’interviens en entreprise dans les séminaires, les ateliers créatifs, les stages d’innovations avec des conférences d’une petite heure. C’est une approche assez radicalement différente des études consommateurs. Il faut bien ça pour parler du futur et des mutations en cours dans la société…

Où on va? Comment on y va?

2. La collection "Géographie du Futur" publiée chez  

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Le nouveau livre de Thierry Gaudin L’IMPERATIF DU VIVANT est en librairie. Cliquez dans l’image pour en savoir beaucoup plus avec l’interview de Thierry dans LeMonde.fr

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3. Mes publications dans

http://www.influencia.net/

cliquez dans l’image pour mon reportage sur la "jeunesse-monde"

JEUNESSE

cliquez dans l’image pour explorer le futur avec Altavia et Usbek et Rica

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4. Mes partenariats avec Gatard et Associés, institut d’études qualitatives internationales, NO-LOGIC Consulting… comme son nom l’indique…

Il s’agit d’apporter à la prospective un esprit buissonnier, innovant, rusé, en avance de phase.



LE PROCHAIN CONCERT DE DELPHINE VOLANGE
6 février 2013, 22 h 29 mi
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VOLANGE

LE 18 FEVRIER AU PAN PIPER

http://www.pan-piper.com/culturel-date/delphine-volange-en-concert/



La collection Geographie du Futur présente L’Impératif du Vivant de Thierry Gaudin
5 février 2013, 16 h 50 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Les éditions de l’Archipel inaugurent la collection Géographie du Futur dirigée par Christian Gatard avec le livre de Thierry Gaudin L’IMPERATIF DU VIVANT

Dans Le Monde.fr Dominique Lacroix a rencontré Thierry Gaudin.

01 février 2013, par Dominique Lacroix

« Nous franchissons le mur du temps »

Thierry Gaudin

Thierry Gaudin
Chiclayo (Pérou), 2012, cliché DL

Entretien avec Thierry Gaudin,
1er février 2013

Pour le prospectiviste Thierry Gaudin, nous vivons une révolution cognitive. Nous sommes en train de franchir « le mur du temps ». La course à la puissance, fondée sur des mythes hollywoodiens, précipite les crises au lieu de les résoudre. Nous avons besoin de changer de vision du monde et d’apprendre à vivre en empathie avec la nature.

Dominique Lacroix : L’Université de la Singularité est en train de recruter sa troisième promotion, 80 étudiants-entrepreneurs qui, pendant 10 semaines cet été en Californie, étudieront la civilisation censée advenir à partir de la « singularité », vers 2045, moment, imaginé par extrapolation, où l’on saurait produire « un supercalculateur plus intelligent qu’un humain ».

Puissance de calcul

Évolution de la puissance de calcul. En ordonnée, les FLOPS (FLoating point Operations Per Second), opérations à virgule flottante par seconde – Source : singularity.com

Cette initiative de Raymond Kurzweil, héraut du transhumanisme, a pour principaux sponsors Google et la Nasa. En tant que prospectiviste et spécialiste de l’innovation, qu’en pensez-vous ?

Thierry Gaudin : La démarche des transhumanistes consiste à prêter à la technique des vertus mythiques. Ray Kurzweil expose, dans des anticipations aussi optimistes que peu étayées, que les innovations à attendre dans les prochaines décennies sont inconcevables à ce jour mais qu’elles résoudront tous les problèmes de l’humanité. La construction de mythes salvateurs n’est pas nouvelle dans l’histoire humaine. Celle-ci me paraît décalée par rapport à la nature du changement de civilisation en cours.

Billotte, Nous deviendrons immortelsLe transhumanisme est un nouveau rêve d’ordre et de réforme de l’humain. Il prend racine dans des vieux mythes. Pierre-José Billotte, dans son livre Nous deviendrons immortels, a établi la continuité entre ces rêves germaniques de toute puissance et la mythologie hollywoodienne, telle qu’on la voit dans le film La guerre des étoiles et de nombreuses autres productions. Nous avons vu ces mythes à l’œuvre dans l’Europe du début du 20e siècle sous plusieurs formes catastrophiques.

Il s’agit fondamentalement d’une perspective inhumaine. Elle consiste à préparer le remplacement de l’espèce humaine par une autre en utilisant ce que la science procure par le calcul et les manipulations génétiques.

Certains estiment cette évolution inévitable. Elle prolonge l’industrialisation. Il faut se souvenir que la civilisation industrielle a commencé au 18e siècle sous la forme de la mécanisation, laquelle a mis les humains à son service. Ce processus a été clairement identifié par le philosophe Heidegger en 1953 sous le nom de gestell qui signifie réquisition.

Élevage de poulet en Floride

Élevage de poulet en Floride (USA), cliché Larry Rana, sourceUnited States Department of Agriculture, domaine public

L’idée est la suivante : sous prétexte des besoins de l’homme, on réquisitionne la nature. Et pour réquisitionner la nature, on réquisitionne l’homme lui-même. D’où une formidable contradiction qui aboutit à dire que cette société, depuis le dirigeant jusqu’à l’exécutant, est comme « possédée », au sens des sorciers, par ce processus de réquisition.
La singularité, et son idéologie associée le transhumanisme, me semblent être la poursuite de ce processus, aidée par les techniques les plus modernes.

Sur le plan géopolitique, l’Université de la singularité constitue une nouvelle forme de démonstration de la surpuissance américaine érigée en mythe. Elle n’est pas très crédible en Europe, où nombre d’analystes la rattachent au dangereux complexe militaro-industriel qui empêche les États-Unis d’entrer dans le concert des nations et d’y tenir le rôle d’un État de droit. Dans la hiérarchie de ces groupes de pouvoir, la force prime le droit, d’où leur refus, par exemple, de ratifier le Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale ou de signer un traité international sur les télécommunications, comme on l’a vu récemment.

La question que pose l’entrée dans ce que j’appelle « la civilisation cognitive » est précisément le désenvoûtement, c’est-à-dire le mouvement inverse de cette logique de réquisition. Il n’est pas évident que les humains aient rapidement la conscience et la force nécessaires pour mener cette libération. Mais à long terme elle me semble inévitable, sauf à imaginer la disparition des humains, robotisés ou pas.

SimondonEn effet, la transformation systémique en cours est structurée non plus par l’impératif matérialiste, mobilisant matière et énergie, mais par la problématique de la vie et de l’information au sens de « ce qui donne forme à la matière », comme l’a noté le philosophe Gilbert Simondon. Il en résulte que les finalités ne se résument plus à des performances permises et mesurées par du calcul. Elles consistent à exprimer et préserver la vie sous toutes ses formes, par l’empathie entre humains, avec la nature, les animaux, et même les plantes. En résumé, l’avenir ne se laisse pas enfermer dans une logique de calcul.

DL : Comment interprétez-vous les crises actuelles ?

révolution industrielle

La révolution industrielle, présentation de Thierry Gaudin

Thierry Gaudin : Il faut d’abord situer les bouleversements structurels.
À la fin des années 70, au Ministère français de l’Industrie, dans le cadre d’une mission destinée à poser les bases d’un programme national d’innovation, deux enquêtes auprès de centaines d’experts, pilotées par Philippe Roqueplo, ont dégagé un schéma que nous avons adopté comme référent.

révolution cognitive

La révolution cognitive, présentation de Thierry Gaudin

Les changements systémiques de civilisation sont structurés par quatre pôles. C’est vrai de la période contemporaine, de la civilisation industrielle antérieure et aussi du Moyen-Âge. Ces quatre pôles s’organisent selon deux axes : matière-énergie et temps-vivant.
La civilisation industrielle, qui commence au 18e siècle et atteint son apogée au milieu du 20e siècle, a comme dominante l’axe matière-énergie. Elle est fondamentalement matérialiste dans sa technique comme dans ses idéologies. La civilisation en train de se construire est dominée par l’axe temps-vivant. Elle devrait quitter le matérialisme pour construire une autre philosophie, encore à définir, inspirée des sciences cognitives et de l’histoire de la vie sur Terre. C’est ce qui me fait dire que nous vivons une révolution cognitive.

George Orwell, 1984On utilise l’expression « le mur du temps », par analogie au mur du son franchi par les avions à partir des années 50. On dit qu’on passe le mur du temps lorsque les machines vont plus vite que les neurones. Pour situer l’ordre de grandeur, l’identification de personnes ou d’objets par un système neuronal prend quelques dixièmes de secondes. On peut se référer à ce sujet à l’ouvrage Les Neurones de la lecture de Stanislas Dehaene. Les microprocesseurs, eux, travaillent en nanosecondes, c’est-à-dire en gros cent millions de fois plus vite. Cela ouvre la possibilité de « pro-grammer », c’est-à-dire littéralement « écrire à l’avance », des messages qui anticipent les réactions neuronales et éventuellement les pilotent. C’est par exemple ce qu’essaie de faire le neuromarketing.

La possibilité de faire donner des ordres boursiers par des robots est une composante importante des crises financières actuelles. La première crise de ce type a eu lieu le 19 octobre 1987, le « lundi noir » de Wall Street, la première fois que des robots sont intervenus dans la spéculation boursière. Depuis cette date, de nombreux pays — Russie, Japon, Mexique, Argentine etc. — ont connu des crises et le fonctionnement spéculatif impliquant des automates n’a pas cessé. Il culmine actuellement avec le « trading haute fréquence ». En outre, il assèche les ressources qui seraient nécessaires à l’économie réelle.
Pendant ce temps, dans les parties du monde les plus peuplées, les économies de subsistance ont été désarticulées et dépendent de mouvements boursiers. Les paysans manquent d’argent pour se procurer ce qu’ils sont obligés d’acheter et qu’auparavant ils produisaient. En quête de travail, ils s’entassent dans des villes peuplées parfois de plus de 30 millions d’habitants.

Halte à la toute-puissance des banquesJusqu’à présent, le lobby financier a réussi à éviter qu’on lui impose des contraintes qui le ramèneraient à son rôle normal, qui est de financer les investissements structurants et l’économie réelle. Mais il est vraisemblable que le débat n’est pas clos. En particulier, on peut se demander si les techniques modernes de communication alliées à l’informatique ne portent pas en germe une explosion du système monétaire. Le développement des monnaies complémentaires est d’ailleurs recommandé par le Club de Rome européen, dont le nouveau rapport vient d’être traduit en français sous le titre Halte à la toute puissance des banques. On en comptait quelques dizaines en 1985, il y en a maintenant plusieurs milliers. Certains gouvernements en Amérique du Sud les encouragent, Brésil et Uruguay notamment.

DL : Que pensez-vous de l’importance prise par les réseaux et l’informatique et de leur impact sur le devenir de nos sociétés ?

Thierry Gaudin : En 2012, la proportion d’internautes à l’échelle mondiale a dépassé les 30%. Au rythme actuel de progression, on peut penser que ce taux atteindra les 75% dans les 15 années qui viennent. Les conséquences de cette nouvelle communication sur l’éducation, la santé, les entreprises, la gouvernance et sur les relations humaines en général sont encore à venir.

Quatre orientations me paraissent pouvoir être dégagées.

Asimov, Nightfall, 1941

Nouvelle Nightfall, Isaac Asimov, 1941.
En français Quand les ténèbres viendront

La première est le progrès de la conscience des enjeux planétaires. Internet montre l’état des forêts, la fonte de la banquise, la croissance des mégalopoles, les images de la Terre en général. Cela diffuse une conscience globale de l’état de la nature et de l’environnement. On peut constater que les jeunes générations sont particulièrement sensibilisées à ces questions. Il faut donc s’attendre à ce qu’elles prennent une importance politique croissante.

La deuxième est que les pays en développement se sont très rapidement équipés en téléphones mobiles avec lesquels ils commencent à faire des opérations économiques, notamment du paiement. Cela touche même des populations non bancarisées. De nouveaux acteurs s’insèrent dans le système économique avec des pratiques nouvelles qui mettent en cause à la fois les institutions et les monnaies.

La troisième est un enrichissement des pratiques linguistiques, plus ou moins informatisées, et des modes relationnels.
Malgré la fragmentation du monde, due à la montée des identités régionales – Catalogne, Flandre, Écosse etc. pour ne citer que l’Europe – on voit progresser des processus de fraternisation qui se configurent d’une manière beaucoup plus variée et sans doute plus intense qu’autrefois, en passant par-dessus les nationalités.

Jules Verne, Vingt mille lieux sous les mers, édition Hetzel, 1869. Gravure de Alphonse de Neuville et Édouard Riou

La quatrième est une profonde transformation des systèmes de santé et d’éducation. Il est clair que la faculté de s’informer à distance change radicalement le rapport aux savoirs. Une certaine connaissance des maladies par les patients modifie la relation avec les soignants. D’autre part, l’accès aux documents pédagogiques et aux informations scientifiques et techniques par les étudiants et le public en général modifie inévitablement les modalités de l’éducation.

Voilà ce qu’on peut déjà poser rapidement comme grandes orientations. Il convient de mener des analyses plus approfondies et spécialisées.
D’une manière générale, cette question relève d’exercices de prospective, c’est-à-dire la construction de récits du futur. J’inscris la prospective dans le courant philosophique de l’ethnométhodologie. Ces discours doivent être acceptables et racontables. Leur contrainte est de ne pas entrer en contradiction avec des évidences scientifiques, mais ils peuvent s’éloigner de l’opinion commune. En général, on propose plusieurs scénarios.

À ce titre, beaucoup de romanciers ont été prospectivistes. Jules Verne, H.G. Wells, Isaac Asimov. Ils avaient une formation scientifique. C’était moins le cas de George Orwell, auteur de 1984, document important sur la domestication de l’homme par l’homme.

L’enquête pour le Ministère de l’industrie que j’ai mentionnée a été suivie des travaux d’un groupe, pendant une quinzaine d’années. Sous l’appellation « groupe ethnotechnologie », le but a été de constituer une nouvelle discipline scientifique, dont l’objet d’étude est les interactions techniques-sociétés : comment la société produit ses techniques – essentiellement les mécanismes d’innovation – et comment ces techniques rétroagissent en transformant la société.
revue Culture techniqueLa Revue Culture technique retrace ce travail, de 1979 à 1994. Ses trente numéros, dirigés par Jocelyn de Noblet, ont été mis en ligne par le CNRS.
Ont peut mentionner aussi un exercice majeur de prospective mondiale, mobilisant environ 600 chercheurs de différentes disciplines. Les travaux ont abouti à la publication de l’ouvrage collectif 2100, récit du prochain siècle, paru chez Payot en 1990.
Nous avons prolongé ces travaux en fondant l’association Prospective 2100, dont l’un des clubs se consacre à la prospective des technologies d’information et de communication pour précisément répondre de façon plus développée à votre question.

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2100, récit du prochain siècleThierry Gaudin est polytechnicien, ingénieur général des mines et docteur en sciences de l’information et de la communication. Il a soutenu, en 2008 à l’Université de Paris X Nanterre, sa thèse sur travaux, intituléeInnovation et prospective : la pensée anticipatrice.

Au Ministère français de l’industrie de 1971 à 1981, il a été responsable de la construction d’une politique d’innovation : débuts du capital risque, constitution des Agences régionales d’information scientifique et technique, création du Salon Inova, mise en place d’enseignements du design, des réseaux régionaux recherche-industrie, réforme de l’Anvar etc.

Au Ministère de la recherche et de la technologie de 1982 à 1992, il a fondé et dirigé le Centre de prospective et d’évaluation (CPE), consacré à la veille technologique internationale, à l’évaluation de l’efficacité des recherches et grands programmes technologiques. Il a encadré l’exercice de prospective mondiale 2100, récit du prochain siècle, publié en 1990 chez Payot.

Thierry gaudin, L'Impératif du vivantSon ouvrage L’Impératif du vivant, publié en 2013, aux Éditions de l’Archipel expose ses conceptions d’une nécessaire prise de conscience planétaire.
Depuis 1993, il est président fondateur de l’association Prospective 2100. Il a publié des ouvrages sur la prospective et l’innovation et donné des conférences dans les milieux industriels, scientifiques et culturels. Il est membre du Club de Rome (Bruxelles), membre honoraire du Club de Budapest (Paris) et membre de laWorld Futures Studies Federation. Engagé dans l’Internet, il a été président puis vice-président de Réso, l’association organisatrice des Rencontres d’Autrans, et en 2010, il a cofondé la Société européenne de l’Internet.



regard sur la jeunesse-monde
1 février 2013, 17 h 36 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Dans INFLUENCIA à l’invitation d’Isabelle Muznik

http://www.influencia.net/larevue/jeunesse/index.php?page=18

JEUNESSE

GÉNÉRATION JEUNESSE-MONDE

Par

CHRISTIAN GATARD

LA JEUNESSE-MONDE FONCTIONNE À L’ENTHOUSIASME ET À L’IRONIE. ELLE SE PASSIONNE POUR SES ORIGINES, ADORE LE LOCAL ET REVENDIQUE SON APPARTENANCE AU MONDE GLOBAL. CRÉATIVE, IMPERTINENTE ET FACÉTIEUSE, ELLE PEUT CHANGER LES RÈGLES DU JEU. BARBUS INTÉGRISTES, APPARATCHIKS CORROMPUS ET POLITICIENS NORMAUX N’ONT QU’À BIEN SE TENIR.

Partout ils cherchent

à se réapproprier

leur histoire commune

Leur rapport 

aux nouvelles technologies

est plus stratégique

qu’émotionnel

Un incroyable enthousiasme 

qui contredit toutes

les trompettes

du pessimisme

Cette génération est impertinente.

Elle est en embuscade

Eté 2012. La proposition ne se refuse pas. Je suis invité par un groupe de consultants anglais à animer des Bootcamps à travers le monde. Dans l’ordre : Londres, New York, Mexico, Bombay, Shanghai, Moscou, Istanbul, Djeddah. Un bootcamp, en l’occurrence, c’est une journée avec une quinzaine d’urbains pur jus, entre 20 et 30 ans, parlant anglais – lingua franca nécessaire pour communiquer sans interprète.

Le principe : des conversations pendant une journée d’immersion totale pour parler à des jeunes qui pourraient témoigner des évolutions en cours, de la façon dont ils étaient accueillis en tant que génération.

L’hypothèse était qu’ils représentent un profil « avancé », peut-être avant-gardiste, en tout cas un peu en avance de phase. Ce furent des jeunes gens cultivés, ouverts sur le monde, souvent déjà ou bientôt dans des professions créatives : design, art, culture, études un peu poussées… mais aussi dans le commerce et l’industrie : hôtesses de l’air, vendeuses dans le luxe, commerciaux, ingénieurs IT… Alors de quoi parle cette jeunesse-monde ?

ELLE PARLE DE NOSTALGIE DES ORIGINES

Les jeunes filles d’Arabie Saoudite, dont les voiles noirs cachent en début de journée des ensembles Gucci qui peu à peu se laissent voir, m’interpellent : « nous sommes bédouines ! » Et pendant que je m’étonne encore que les autorités locales, que l’on sait sourcilleuses, m’aient laissé tranquille et seul avec elles toute cette journée, elles riaient aux éclats de cette liberté qui leur était donnée de parler librement avec un Occidental inconnu dans des campements dans le désert.

À Mexico, quelques-uns se clament fièrement Aztèques et évoquent les breuvages bio des ancêtres. Aguas Frescas et Acqui de Horchata symbolisent ces nostalgies. Pendant qu’ils vitupèrent contre le traitement fait aux Pussy

Riots, les jeunes Russes de Moscou convoquent avec force clins d’oeil amusés les babouchkas d’avant les Soviets.

Indépendamment de l’évidente idéalisation de ces passés lointains, partout ces jeunes cherchent à se réapproprier leur histoire commune, à remonter le temps, à revitaliser des racines sans avoir peur des clichés. Cela n’était pas frileux, ringard ou rétrograde. C’était une inscription joyeuse dans le temps long de l’histoire.

ELLE PARLE DE DOUBLE APPARTENANCE

Si les jeunes Londoniens fêtaient le Jubilé d’Elizabeth avec la même fierté qu’ils le firent pour Victoria un siècle auparavant, ils faisaient en même temps un triomphe aux Jeux Olympiques. L’image était saisissante : on appartient à une histoire ancienne et puissante qui continue de créer du vivre ensemble local et cela cohabite heureusement avec l’accueil enthousiaste de la mondialisation sportive globale.

APPARTENANCE À LA VILLE…

Partout s’exprimait une passion profonde pour sa ville (peut-être même plus que pour son pays) qui faisait de chacune une sorte de cité-royaume, un bassin de vie et de culture sorti d’un conte moderne, une cité qui fait office d’aimant qui fera toujours revenir à elle, comme si le retour à la ville natale était une loi de la nature. Une cité profondément aimée, contestée aussi, challengée toujours, qui est le centre de leur monde et que les couleurs d’une équipe de foot aussi bien que l’artiste local le plus radical peuvent incarner.

… ET AU MONDE

Voyager et découvrir le monde entier fait partie de l’initiation nécessaire, attendue, souvent réalisée, toujours rêvée. Le voyage immobile que permettent les tablettes, les smartphones, les consoles qu’ils possèdent tous, ne suffit pas. Il faut sentir, toucher, s’imprégner du monde réel… Il faut aussi pouvoir le revendiquer. Connaître le monde, raconter ses voyages, est un argument de vente de soi dans toute activité contemporaine, qu’elle soit alimentaire ou affective : la recherche d’un job, d’un ami Facebook…

Le rapport des jeunes aux nouvelles technologies est plus stratégique qu’émotionnel – c’est leur efficacité qui compte. Elles sont à mon service, ce sont les nouveaux esclaves digitaux qui ont intérêt à bien se tenir… même si parfois, ça et là, apparaît une fatigue du high-tech et un besoin chuchoté de retrouver vérité et simplicité. En tout cas, cela pourrait devenir assez chic de le prétendre… Quant à se débarrasser de son iPhone ou de son Androïd… personne ne l’envisage vraiment.

ELLE PARLE DE CULTE DU GROUPE ET DE LA TRIBU

Se retrouver ensemble pour une journée était un formidable stimulant émotionnel et mental. Le fait d’être en groupe correspond profondément à ce qu’ils sont, à ce qu’ils aiment, à la façon dont ils fonctionnent… L’expérience du groupe consolide l’indépendance, l’esprit pratique, la mobilité, la volonté de se prendre en main – avec le sentiment d’appartenir à la communauté internationale de la jeunesse. Fascinante stimulation, aussi bien locale que globale.

DE QUOI CETTE JEUNESSE-MONDE EST-ELLE LE NOM ?

D’un incroyable enthousiasme qui contredit toutes les trompettes du pessimisme qui résonnent du côté de chez nous. Une foi en l’avenir, même chez Poutine, même chez les Mollahs. Une façon de rebondir avec fierté sur les Jeux Olympiques à Londres, l’Expo Universelle à Shanghai, l’éternel et toujours très contemporain carrefour du monde qu’est Istanbul.

À mon retour, les jeunes filles de Djeddah franchissaient la passerelle de l’Airbus en partance pour Londres voilées de pied en cap et, à peine dans l’avion, se débarrassaient du Hijab pour descendre à Heathrow en flamboyantes city girls… pendant que là-bas, à Djeddah, les seules femmes le soir dans la rue sont les mendiantes.

Car cette jeunesse est aussi pleine d’une ironie souveraine et mordante devant les adultes qui se prennent pour les maîtres du monde – là encore (et avec un humour pas toujours prudent me disais-je parfois ) aussi bien à Djeddah qu’à Moscou ou Shanghai.

J’aurais pu imaginer qu’elle s’inquiète, pour se faire peur, qu’une puissance locale s’intéresse à ces évènements minuscules qu’étaient ces bootcamps : les barbus à Djeddah, la police de Poutine à Moscou, le Parti à Shanghai, quelques intégristes à Istanbul, voire les mafieux de Mexico… Non, pas de récrimination contre la rigidité de leur société, plutôt une façon maligne et complice de jouer avec les codes. Une ironie, oui, comme seule réponse efficace que concoctent ces jeunes gens souriants et enthousiastes, rapides et furtifs … un bonheur de les entendre. Prometteur !

IMPERTINENCE

À Shanghai, la jeune Shin-Lin me propose de visiter le quartier des artistes d’avant-garde de Moganshan Lu. Dans la Galerie Island 6, je suis invité à téléphoner à un numéro s’inscrivant au dessus d’un tableau qui semble être un hologramme – une femme dans une cage, une belle femme sexy dans sa robe rouge, le visage inquiet, regarde vers le ciel. Rien ne bouge. Je compose le numéro et l’image s’anime. Des flammes entourent alors la femme, elle pousse des cris, elle cherche à s’enfuir en escaladant les barreaux de la cage. Je laisser sonner trois ou quatre fois. Je me dis que ça suffit comme ça, que cela doit être la règle du jeu, que de laisser sonner davantage va me faire accuser de sadisme, que sais-je ?… je raccroche. Et dans la seconde qui suit, le tableau me renvoie un texto en anglais et en mandarin : that wasn’t enough to set me aflame ! ! ! ! Traduction possible : il m’en faut plus pour m’exciter.

Cette génération est impertinente. Elle nous prépare quelque chose. Elle est en embuscade. Elle ne va pas nous lâcher.

La revue INfluencia est disponible en librairie et sur abonnement.

http://www.influencia.net/fr/rubrique/ateliers.html.



19 janvier 2013, 6 h 48 mi
Filed under: previously sur ce blog

Ce blog est un hub,  c’est à dire un point de convergence autant que de divergence: inspirations, inventions, salle d’arrivées, salle de départs, perles de sociocultures en vitrine, Cabinet de Curiosités en arrière-boutique, salle des machines un peu partout.  Ne vous étonnez pas de vous y étonner. S’y bricolent des pistes pour demain. CG.

Dans la catégorie COUPS DE COEUR (à gauche de votre écran) Michel Gorsse  livre avec Tssin Tsiguidi paru chez Asile Poétique un formidable récit de voyage en Mongolie. Cliquez dans la photo pour y aller…Michel Gorsse



JANVIER toujours
17 janvier 2013, 15 h 02 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Christian Gatard est le fondateur de Gatard et Associés, cabinet d’études qualitatives internationales, et de christiangatard&go, conseil en prospective. Sociologue, essayiste, romancier, auteur de Nos 20 Prochaines Années paru en 2009, il termine son nouveau livre, Mythologies du Futur et dirige la collection Géographie du Futur aux Editions de l’Archipel.

actualité des jours à venir

Karvina

" Les nouvelles missions du DRH, Anticiper et Agir dès maintenant " 

Le  24 janvier 2013 de 8h30 à 10h30
A l’Espace SFR
7/9, rue Tronchet
75008 Paris

Cette conférence découverte se tiendra notamment en présence de :

> Christian Gatard, Prospectiviste et partenaire de Gatard et Associés, Directeur de l’étude " Séismes annoncés et mutations nécessaires dans le métier du recrutement".

> Laurent Rignault, fondateur de EXPERT isMe. Expert en stratégie digitale, auteur du :  " Manuel du Social Media Marketing, Comprendre les Réseaux Sociaux" et spécialiste du recrutement 2.0.

> Marie Wiriath, fondatrice de Marque & Team.
Spécialiste en stratégie et développement de marque auprès des collaborateurs, et en marque employeur.

La clôture des inscriptions est fixée à jeudi 17 janvier au soir, si vous souhaitez y participer merci de confirmer votre présence à mail à l’adresse suivante : laetitia.gaudin@karvina.fr
(Place attribuées dans la limite des places disponibles, par ordre de réservation)
Dans l’attente de votre retour et confirmation, Brigitte MIS – Fondatrice Dirigeante  de KARVINA se tient à votre disposition pour tout complément d’information.
brigitte.mis@karvina.fr
01.45.11.09.20

logo_millesime_bioRencontres professionnelles sur la viticulture biologique

 

La viticulture bio en France, en Italie et en Amérique du Nord – Réalités et perspectives d’avenir

 

29 janvier 2013 de 9h15 à 13h00

Millésime Bio à Montpellier Parc des Expo

Salle de conférence du Hall 10 (entrée sud)

  Programme :

9h15 :  Accueil et ouverture

par Thierry Julien, Président de l’AIVB Languedoc-Roussillon et du Salon Millésime Bio

9h30 :    La viticulture bio française dans le contexte international

avec la participation de :

-       Elisabeth Mercier, Directrice de l’Agence BIO,

-       Isabelle Mellier, Chargée de mission agriculture biologique au Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt,

-       Yves Dietrich, viticulteur bio en Alsace et Président de la Commission vin bio à l’INAO.

10h45 : Focus sur l’Italie et l’Amérique du Nord

avec la participation de :

-       Gianfranco Torelli, viticulteur bio et Président d’une coopérative dans le Piémont,

-       Magdalena Rahn, Chef de pôle Amérique du Nord vins, spiritueux et bières à Ubifrance.

 12h00 :  Regard du sociologue pour les vingt prochaines années

Par Christian Gatard, sociologue

12h30 :   Débat animé par Elisabeth Mercier suivi des conclusions générales

13h00 :     Clôture

Le coup de coeur du moisDelphine Volange

 Delphine Volange sur le site d’Europe 1 :

http://www.europe1.fr/Lecamp/Votez-pour-votre-coup-de-coeur-On-connait-la-musique-1367793/



Actualité de Luc Dellisse et 2013 Année Terminus
6 décembre 2012, 19 h 21 mi
Filed under: Actualité et nouveautés


Luc Dellisse était avant hier dans cette émission de télé littéraire belge (à partir de la 21ème minute)

luc blog

http://www.rtbf.be/tv/emission/detail_livres-a-domicile?id=1083

 et aussi ce superbe article de Michel André sur

 2013 Année Terminus2013-l-annee-terminus

http://www.lesimpressionsnouvelles.com/presse/Larevuenouvelle_2013.pdf



Mardi 11 décembre 2012 à 19h, 35 avenue Matignon
30 novembre 2012, 7 h 44 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Laurent Rignault et Ludovic Bonneton

ont le plaisir de vous inviter à l’occasion de la sortie de leur livre :

Manuel Social Media Marketing,
Comprendre les Réseaux Sociaux

rignault

Mardi 11 décembre 2012

de 19h à 22h

[dédicace de 19h30 à 20h30]

Galerie W Landau Blast

35 avenue Matignon Paris 8

En partenariat avec TEAM INSIDE http://www.teaminside.fr

Et en présence des talentueux Tribuns :

-       Gilles Babinet

Serial entrepreneur et président du conseil d’administration de Captain Dash, Eyeka, MXP4 et Digibonus et nommé le 25 juin 2012, "Digital Champion" par la ministre déléguée au Numérique Fleur Pellerin auprès de Nelly Kroes, la commissaire européenne chargée du Numérique

-       Christian Gatard

Consultant en prospective et Partenaire de Gatard et Associés

-       Patrick Robin

Président de 24h00-Boosket

-       Alain Garnier

CEO de Jamespot

-       Bruno Massiet du Biest

CEO de Plyce

-       Jacques Froissant

CEO du cabinet de recrutement d’Altaïde

-       Arnould Moyne

Directeur Produits chez Linkfluence 

RSVP avant le 7 décembre

Inscription nécessaire !

http://www.expertisme.com/inscription-dedicace

Et MERCI à la Galerie W Blast de nous accueillir !



la ligue des mythographes extraordinaires
16 novembre 2012, 7 h 10 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

dans le blog de Georges Lewi

http://www.mythologicorp.com/

Dîner de la « ligue des mythographes extraordinaires ». Renouveau du banquet selon Platon

Christian Gatard, prévisionniste et auteur  reconnu eut l’idée de réunir ses amis et tous ceux qu’il avait déniché comme  s’exprimant autour des mythes, de l’antique à la science fiction, du littéraire au spécialiste de l’informatique ou du nucléaire, du storyteller au sociologue, de l’engagé à l’enragé.

Filles et gars.

Nous nous réunissons pour une série de banquets « à la Platon ». Finalement, ils et elles, les mythographes sont en nombre. Qui l’eût cru? Le mythe comme mode de pensée et d’expression est bien de retour. Le monde contemporain en a besoin comme il a besoin d’air, d’eau, de justice, de raison et de croyances majeures. Ces histoires, ces représentations  que nous connaissons tous, depuis notre petite enfance, il y a 10 000 ans  et que nous appelons mythes, nous les croyons vraies. C’est ce qui en fait des mythes et non de « vulgaires » historiettes. Nous en avons besoin. Simplement pour continuer à nous situer dans le monde, pour le comprendre un peu mieux ou plus exactement pour comprendre la place qui est la nôtre face à l’univers, face aux autres groupes, face à nous-même. Pour comprendre notre identité.

Quelqu’un ce soir posa la question « Qu’est ce qu’un banquet »? 

Pour définir le mythe, feu d’artifice de réponses sur les identités, les oppositions, la place de chacun, le plaisir d’être ensemble, essence même de la condition  humaine et « condition sine qua non » de la réflexion dans notre espèce.

Les Grecs anciens avaient bien compris qu’il n’y a pas d’échanges  d’idées fondamentales sans plaisir d’être ensemble et sans en constituer les conditions.

Les amis de Facebook se retrouvent souvent en banquets de la vie réelle.Ils appellent cela des brunchs par exemple. La boucle est ainsi  bouclée. Platon peut dormir en paix; les« Nouveaux Bovary » sont là pour prendre la relève et prendre plaisir à repenser le monde autour d’un verre de vin…



S’approprier les clés de la mutation
1 novembre 2012, 20 h 05 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Le 15 novembre sortie du livre S’approprier les clés de la mutation auquel j’ai contribué pour la partie Mythologies du Futur.

L’ouvrage sera remis aux participants de la journée Les Ateliers de la Mutation du 15 novembre à l’Entrepôt, à Paris. Je vous propose de m’y retrouver pour une journée "les Ateliers de la Mutation" et pour ma conférence qui la terminera.

Vous ferez la rencontre de plusieurs témoins (entrepreneurs) et acteurs de transformation, et aussi d’experts de l’Intelligence Collective et d’académiques expliquant les rouages du changement majeur que nous vivons actuellement. Vous expérimenterez aussi l’Intelligence Collective autour d’ateliers et vous pourrez rencontrer plus longuement les contributeurs de l’ouvrage (29 acteurs engagés dans la mutation des organisations). Ce sera aussi l’occasion de réaliser des partages d’expériences, des rencontres et des échanges informels pour « réseauter » autour du changement et de la transformation.

L’ouvrage se découpe en quatre parties :

• Première partie : comprendre le monde en mutation

• Deuxième partie : un autre rapport à l’économie et à l’argent

• Troisième partie : coopération et innovation, les ressorts de la mutation

• Quatrième partie : témoignages et réalisations pragmatiques

Christine Marsan a voulu donner un panorama le plus complet possible pour à la fois rendre compte des causes de cette mutation, expliquer les rouages de la transformation et aussi mettre en exergue une variété de pistes concrètes, de solutions qui fonctionnent. Ceci au travers des divers témoignages d’opérationnels engagés concrètement dans la mutation. Vous y trouverez les ressorts de l’innovation permettant d’opérer l’évolution d’un modèle de société déclinant vers un autre émergent, bien réel, concret, rentable, performant et durable.

 

Les Ateliers de la Mutation ont pour vocation de proposer des clés pour entreprendre les transformations imposées par les crises à répétition. 

Pour vous inscrire:

 http://www.lesateliersdelamutation.com

 

 



Et De Delphine Volange, Le Ciel Etait Toujours Sans Nouvelles
20 octobre 2012, 13 h 48 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

dans les bacs le 29 octobre, le nouvel album de Delphine Volange!

http://www.dailymotion.com/video/xtmdgb_delphine-volange-monceau-teaser_music

http://www.facebook.com/pages/Delphine-Volange/323308330190

Au sein des textes des chansons de Delphine Volange, se lovent les pièces d’un puzzle à reconstituer pour ceux qui oseraient lever un voile d’une part du mystère. L’écriture raffinée servie par des mélodies et arrangements tout à la fois sobres et sophistiqués laissent percevoir une nature romanesque et sensuelle. Chaque séquence semble comme échappée d’une toile de maître. Le désir supplante au plaisir, confiné dans la suavité acoustique d une guitare, d’un banjo ou d’un violoncelle. Réalisé par David Aron-Brunetière, cet album majoritairement composé par Bertrand Belin offre également une touche Gainsbourienne grâce à la complicité de Jean-Claude Vannier (HOTEL CHOPIN). Le leitmotiv sensuel des casernes citadines, ce « refrain lancinant de ma vie parisienne » (SIRENES) contraste avec les « jardins en terrasse » et les «siècles d’orangers» des ILES BORROMEES. Prise de vertiges au Parc MONCEAU, Delphine Volange reprend ses esprits à la fragrance de rares effluves (EMPREINTE).



petits tremblements de terre entre amis
19 octobre 2012, 16 h 25 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Manuel du social media marketing – Comprendre les Réseaux Sociaux

Laurent RignaultLudovic Bonneton

  • BOOKS ON DEMAND EDITIONS

  • PARU LE : 01/10/2012

Fans ou Followers, Path ou Pinterest, tout se complique ? Oui et ce n’est pas fini !Le web se réorganise autour de chacun d’entre nous ? Oui un peu, mais ce n’est pas si simple.Dans ce manuel écrit et structuré « à l’ancienne », Laurent Rignault et Ludovic Bonneton décryptent les réseaux sociaux à l’attention des professionnels.Le raz-de-marée social est abordé par thèmes (mobilité, jeux sociaux et gamification, publicité, réseau d’entreprise, marque employeur et recrutement…) analysant les enjeux et les actions possibles pour les entreprises.
Conseils et méthodologies y sont aussi détaillés par les tribunes de Professionnels reconnus de l’Internet : Christian Gatard, Consultant en prospective et Partenaire de Gatard et Associés Patrick Robin, président de 24h00-Boosket Alain Garnier, CEO de Jamespot Bruno Massiet du Biest, CEO de Plyce Jacques Froissant, CEO du cabinet de recrutement d’Altaïde Arnould Moyne, Product Manager chez Radarly. Préface de Gilles Babinet, Serial entrepreneur et président du conseil d’administration de Captain Dash, Eyeka, MXP4 et Digibonus.

dispo sur Amazon



Luc Dellisse sur 2013
9 octobre 2012, 19 h 44 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

http://www.dailymotion.com/video/xu7183_interview-2013-annee-terminus-luc-dellisse_webcam

Luc Dellisse vous invite à son évènement
Sortie de 2013 !
8 novembre à : Librairie Charybde



Danse, sourire et espoir. La curiosité inlassable dans l’élucidation des mythes marchands.
3 octobre 2012, 13 h 10 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Lecteur insatiable, Hugues Robert vient de relire BUREAU d’ETUDES dans http://www.senscritique.com/livre/Bureau_d_etudes/critique/15620795

Danse, sourire et espoir. La curiosité inlassable dans l’élucidation des mythes marchands.

Par Charybde2

Publiés en 2008, ces fragments autobiographiques arrachés à la vie bien remplie du sémiologue, romancier et dirigeant d’entreprise d’études qualitatives Christian Gatard constituent une précieuse lecture, qui échappe presque totalement, par sa dansante légèreté et sa lucidité légèrement farceuse, aux aspects le plus souvent rébarbatifs, hagiographiques et creux de la plupart des confessions de chefs d’entreprise.

C’est que le moteur ici décrit est l’un des plus puissants et des plus vitaux qui soient : la curiosité inlassable, assortie d’un questionnement en général peu complaisant. Si l’élucidation des mécanismes de la société de consommation rend bien entendu service aux industriels clients, l’entreprise de mise à jour des mythes sous-jacents, poursuivie au long des décennies, déploie une valeur beaucoup plus générale, et passionnante. Surtout lorsqu’elle croise un itinéraire personnel varié et souvent iconoclaste.

Un récit de danse, de sourire et, d’une certaine manière, d’espoir, donc.

"La boîte n’allait pas si mal.
Dans les années soixante-dix, je suivais des cours de sociologie et de sémiologie, je traduisais des bouquins de psychanalyse et je tentais ma chance du côté du journalisme. Je m’initiais sans le savoir aux techniques du métier que j’allais exercer : les études de marché.
Par un après-midi d’hiver, alors que la proposition de traduction d’un texte sur la nature sacrée du godemichet venait de m’échapper et que "Le grand Albert" – magazine ésotérique grand public auquel je contribuais sous un pseudonyme – venait d’arrêter sa publication, j’étais tombé sur une petite annonce du Monde. Un poste de "chargé d’études" était à pourvoir dans un bureau d’études spécialisé dans les enquêtes qualitatives. J’avais répondu le soir même, faisant état de ma qualité de sémiologue. Démarche hasardeuse car le thème de ma recherche universitaire – une étude comparée entre science-fiction et science occulte – n’était pas a priori la meilleure introduction dans le monde du commerce et de l’industrie."



L’attente Un récit de Catherine Charrier – deux regards sur un récit aux Editions Kero
15 septembre 2012, 8 h 33 mi
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L’attente. Un récit de Catherine Charrier

dispositif critique à double entrée pour le bouquin de Catherine Charrier qui vient de paraître

Version intello bon ton

Il y a une franchise lumineuse et candide dans ce récit basé sur les petits arrangements avec l’adultère. Ces arrangements sont terribles, parfois vertigineux, qui naviguent entre drame et rédemption. L’auteur explore son émotion, son corps, son appartenance aux temps d’aujourd’hui avec une sincérité souvent touchante. Elle émeut quand elle narre avec un souci pointilleux ses désarrois et les conséquences de ses choix d’existence. Les pages sur les effets du divorce sur les enfants sont poignantes. Les descriptions souvent lestes mais toujours élégantes de ses étreintes sont parfois souriantes, parfois pathétiques. La légèreté heureuse de son amour fou traverse le paysage d’une vie contemporaine que peuplent les enseignes à la mode, le commerce et le métier qu’elle exerce. Sans doute ne faut-il pas de laisser agacer par les convocations de noms de marques : c’est la vérité d’un parcours d’aujourd’hui. Son récit est scandé par ses méditations sur l’attente … attente des décisions de l’amant, attente du jour suivant, de l’étreinte suivante. Elle traverse les années, elle nourrit ses pensées, elle gangrène ses journées et elle devient une matière vive, presque gourmande malgré les frustrations, une entité en soi qui la constitue. Une métaphysique, une heuristique. Et quand le réel s’empare d’elle trop fort c’est une autre forme d’étreinte qui la conduit à une tentative de suicide mais jamais son intelligence et sa lucidité ne sont prises en défaut. Car sous le sujet qui est d’abord l’emprise amoureuse il y a un regard passionnant sur la façon de conduire sa vie professionnelle, sa vie conjugale, sa vie imaginaire. L ‘héroïne de L’attente est avide d’aller jusqu’au bout de ses pulsions, de ses curiosités, de son désir d’accomplissement. Aucun narcissisme, aucune complaisance, aucune crudité. Il n’y a pas de provocation chez Catherine Charrier. C’est la confession assumée d’une femme d’aujourd’hui. Un itinéraire étonnant qui témoigne dans une langue fluide, simple et gracieuse de la légitimité d’aller jusqu’au bout de soi-même.

Christian Gatard

Version gonzo-socio

Une copine s’est envoyée en l’air pendant des années et je n’ai rien su. Je trouve ça super ! Quand je dis s’envoyer en l’air il ne faut pas prendre ça à la légère. C’est une vraie affaire : un combat prométhéen pour vendanger de la vie ses meilleurs crus, pour affronter les démons de la Sainte Enfer, pour défier les Dieux et les Déesses de la doxa occidentale, repousser les frontières de la bienséance sans en avoir l’air, voler au dessus des interdits sans en faire une affaire révolutionnaire, simplement suivre sa pente en montant, sans embêter personne. Personne pas tout à fait parce que comme dans les mythes il y a du drame dans la comédie, des souffrances insupportables quand il faut bien dire aux gosses que leur père et moi ça ne va plus, quand le destin tout d’un coup décide de mettre des bâtons dans les roues bien huilées des plus malins stratagèmes, quand on rate sa mise à mort programmée, quand ces gens qu’on aime, ces gens qu’on aime toucher, ces gens qui vous font languir, ces gens épatants on se rend compte que ce ne sont que des gens et pas les demi-dieux qu’on avait cru, qu’on avait espéré. Le livre de cette copine – en fait je la connais à peine mais son bouquin c’est une rencontre, c’est une révélation – son livre c’est une claque, c’est gonflé, c’est donc ça la vraie vie d’une femme d’aujourd’hui ? … ben oui, c’est tellement la vraie vie que cela donne le vertige et que derrière des trucs à voir qui sont de temps en temps des images de magazine, derrières des trucs agaçants avec ces marques à la mode et ces enseignes branchées, avec son côté un peu snob parfois, tu vois monter cette vérité crue : l’envie de vivre.

Blaise Gingembre



2013 Année Terminus
9 septembre 2012, 10 h 00 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

2013 c’est aujourd’hui !

Le roman de Luc Dellisse 2013 Année terminus (Les Impressions Nouvelles) décrit fidèlement notre vie quotidienne et les perturbations mondiales de la grande crise de 2013, sans attendre qu’elle se produise, dans quelques mois.

Poésie ou prospective ? Fable ou réalité ? Tout cela sans doute. Et bien d’autres choses encore (violence, folie, rêve, utopie, retour aux sources, ravage).

 Retrouvons-nous pour une rencontre-présentation-fête à l’occasion de la sortie de ce roman pas  comme les autres, en compagnie de Luc Dellisse et d’autres auteurs de la rentrée aux Impressions Nouvelles

le jeudi 13 septembre 2012 à 18h30

 au siège de la Délégation générale Wallonie-Bruxelles

274, boulevard Saint-Germain 75007 Paris

 Réservation obligatoire

Tél. : 01 53 85 05 11

delgen@walbru.fr

http://www.lesimpressionsnouvelles.com/autour-de-2013/



LE VENT SOUFFLE SUR LA RENTREE
4 septembre 2012, 8 h 25 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Michel Maffesoli souffle sur les tribus,  ce n’est pas d’aujourd’hui mais j’ai pu vérifier dans mes voyages

Jean Jacques Vincensini souffle sur les lieux mythiques d’hier et d’aujourd’hui – très inspirant

Philippe Jourdan souffle sur le consommateur, c’est technique

Thomas Jamet souffle sur les mythologies d’aujourd’hui, c’est ludique

Georges Lewi souffle sur le néobovarisme, c’est mythique

Jean Marie Dru souffle sur le jetlag des publicitaires et ce  n’est pas fini

Vincent Leclabart souffle sur les jeunes chinoises, moi aussi

Edgar Morin souffle jusqu’à son dernier souffle, brave homme

Jean-Michel Besnier sur les post-humains, malin!

Rémi Sussan y a beaucoup réfléchi , aussi!

Laurent Courau souffle sur les marges et les décalages, gaffe!

Luc Dellisse souffle sur le souffle même – attention à 2013 année terminus!

Alain Damasio en a fait un roman incroyable : la Horde du Contrevent

Pauline Klein en ferme l’oeil la nuit – grâce à vous il va peut-être lui arriver autre chose

Thierry Gaudin en fait un impératif – c’est pour bientôt

On ne va pas s’ennuyer…



Florence Bouchy a lu 2013 année terminus de Luc Dellisse. C’est dans le Monde des Livres du vendredi 24 aout et c’est bien vu
24 août 2012, 20 h 44 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Par un geste de légère anticipation, le narrateur de ce roman aux allures de conte philosophique envisage, fin 2013, les événements de 2011-2012, leurs conséquences économiques et politiques, et les transformations radicales que la crise suscite dans la vie quotidienne des Européens. Installé dans une époque nouvelle, il regarde et relit les signes qui pouvaient l’annoncer.

Le texte complet de Florence Bouchy:

D’un historien des idées qui publie son premier roman, comme le fait François Cusset, on attend avec curiosité qu’il renouvelle sa manière d’explorer ses objets d’étude de prédilection. Dans A l’abri du déclin du monde, l’auteur deFrench Theory et de La Décennie (La Découverte, 2003, 2006) s’en remet effectivement aux pouvoirs de la littérature pour saisir quelque chose de ce que peut bien être ou signifier le basculement d’une époque pour ceux qui le vivent. Comment savoir qu’elle décline ou disparaît, tant elle se joue de nous ? " Je brouille surtout, sans cesse, la différence trompeuse entre le changement et la continuité, cette différence fragile qui organise les mondes ", lui fait dire le romancier.

Plus que tout autre genre, le roman saisit les indices sensibles du déclin ou de la disparition d’un monde. " Je suis l’époque. Rien n’arrive à me dire, à bien me qualifier ", lit-on encore chez François Cusset. " Je ressemble pourtant à quelque chose de précis, mais que personne n’a assez de distance pour embrasser d’un seul regard. " Penser les moments de transformation historique sans céder à l’illusion rétrospective qui voit de la nécessité dans chaque événement semble bien être la mission que de nombreux écrivains contemporains assignent au roman. Que Jérôme Ferrari et son somptueux Sermon sur la chute de Rome nous consolent de l’effondrement d’un monde en faisant appel à saint Augustin, que Xabi Molia (Avant de disparaître, Seuil, 2011) ou Mathieu Larnaudie (Les Effondrés, Actes Sud, 2010) pointent les basculements idéologiques que laisse apparaître une période de crise, c’est à chaque fois l’époque polymorphe et son éventuelle agonie qui sollicitent le roman.

Ce même désir de traquer les indices d’un monde qui se défait court à travers au moins trois romans de cette rentrée. Outre A l’abri du déclin du monde, de François Cusset, 2013. Année terminus, de Luc Delisse, et Avant la chute, de Fabrice Humbert, rendent sensible l’emprise puissante de l’époque sur tout et tous, mais explorent aussi les forces de transformation qui y subsistent. D’un roman à l’autre, l’écriture relève les traces du délitement d’un monde, mais rien n’y dit que cet apparent déclin soit vraiment à déplorer.

Le regard le plus tragique est sans conteste celui de Fabrice Humbert. Il articule selon une mécanique implacable trois intrigues en apparence isolées en Colombie, au Mexique et dans une cité en France, montrant la capacité de l’époque à lier et à broyer les destinées individuelles. A l’échelle des individus, voire des pays, rien n’est bien clair ni n’apparaît significatif. De tout l’on peut dire qu’on " ne comprit pas très bien comment cela arriva. Il y avait eu bien sûr des signes annonciateurs mais personne n’y avait vraiment pris garde car tous y étaient trop habitués. (…) Mais il fallait que le calme apparent, un peu léthargique, se fissure. Parce que c’était ainsi ". Fabrice Humbert renoue avec la fonction balzacienne du romancier comme analyste des rouages cachés du monde, comme décrypteur des principes organisateurs d’une époque qui en font la vigueur et peuvent aussi bien la conduire à sa perte. Ainsi en va-t-il des flux de marchandises, d’hommes et d’argent qui se sont mis à transiter à travers le globe avec une densité impossible à maîtriser, et décident de la forme et du tragique du roman. Tous les destins se mêlent, " à différentes échelles, l’invraisemblable fourmillement de l’activité humaine tissant un lien fatal ".

Fabrice Humbert dresse le portrait d’un monde à bout de souffle, gangrené par l’argent, la corruption et les trafics dissimulés derrière les échanges légaux de marchandises. Il suit pas à pas les destinées de personnages en apparence adaptés à leur époque, ou semblant dotés des qualités pour y réussir, jusqu’à leur chute, emblématique des désordres qui signalent un changement, une transition vers un autre monde, plus violent encore celui-là. Il laisse néanmoins en suspens une question : les temps qui s’ouvrent sont-ils ceux d’une ère nouvelle, ou le simple paroxysme de la logique mercantile mondialisée du temps présent, qui brille de mille feux avant de s’effondrer ? Car si l’on croit le sénateur mexicain Urribal, dans le roman, " c’est au moment où les êtres sont enveloppés de lumière qu’ils commencent à chuter. On croit qu’ils brillent alors qu’ils brûlent ".

Pour envisager son époque et libérer son regard englué dans le flux des événements, Luc Delisse choisit un dispositif original et en tout point opposé à celui de Fabrice Humbert, celui du roman de très légère anticipation, aux allures de conte philosophique. La projection à très court terme, donc risquée, n’est là que pour nous aider à voir le présent de notre époque, à mettre au jour ses lignes de force, en rehiérarchiser les événements, sans pour autant garantir une quelconque issue d’avance prévisible. On en vient presque à le regretter, d’ailleurs, tant l’ère nouvelle qui succède en 2013 aux crises que nous traversons peut paraître sympathique. " Le nouvel ordre des choses impliquait un mode de vie différent. Il fallait marcher ou pédaler davantage, (…) manger plus de légumes que de viandes ou de plats préparés, se passer de friandises et de café. " Si bien qu’une fois les catastrophes advenues, " on se rend compte que rien ne se passe jamais comme on l’avait imaginé. Il n’y a pas eu de financiers ruinés qui sautaient par les fenêtres, ni de gens poussant des brouettes pleines d’euros dévalués pour acheter un sac de riz (…). Tout a eu lieu, mais rien n’a eu lieu ".

C’est aussi à travers une chronologie volontairement floue que François Cusset s’empare des caractéristiques de l’époque, parce que " les événements auxquels (les gens) ont pris part, les ruptures qui configurent leur monde et après lesquelles le reste leur semble déclin, ces événements ou ces ruptures n’ont souvent pas eu lieu. Ou avant leur naissance. Ou au creux de leur désir ". Une émeute urbaine, un moment d’insurrection politique collective, qui pourrait s’être déroulée dans les années 1980 mais vibre des tensions d’aujourd’hui, constitue un véritable morceau de bravoure littéraire. Puis les voix séparées de chacun des membres de la bande d’amis, lesquels semblent engagés dans un tout autre temps, où l’action collective relève du souvenir et de la nostalgie. Enfin des retrouvailles, dont on ne sait vraiment quand elles se situent, et dont on se demande si elles vont entériner la mort de l’époque glorieuse du politique.

C’est justement cette imprécision de la chronologie et l’absence de lien explicite entre les trois parties du roman qui permettent à François Cusset d’aborder de la manière la plus fine la notion d’époque et de relativiser, voire de contester, l’idée d’un inéluctable déclin. A l’apparent affaiblissement du politique répondent les engagements moins visibles des protagonistes qui en explorent chacun des formes nouvelles, et la persistance de leur amitié. Chez François Cusset, l’époque est une " broyeuse ", une " grande centrifugeuse ". Mais il se garde bien de poser sur ses personnages un regard surplombant et simplificateur, pour mieux voir comment les uns et les autres réussissent parfois à se mettre à l’abri du déclin du monde. Dans une période de crise, la force du roman ne serait-elle pas, justement, d’explorer d’abord les marges de liberté qui permettent encore à chacun de respirer ?

Florence Bouchy



nos 20 prochaines années au HR Lab de Business Digest
18 août 2012, 17 h 52 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

cliquez dans l’image pour découvrir en quelques minutes tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur vos 20 prochaines années…

 merci à Françoise Tollet et Medhi Ramdani , Business Digest, pour l’invitation, le tournage et la bonne humeur

http://www.business-digest.eu/fr/a-propos/lequipe/

La 41ième Rencontre du HR Lab, communauté d’opérationnels du learning et du leadership development créée par BUsiness Digest et HEC Executive Education en 2003, fut animée le 12 avril 2012 par Christian Gatard, sociologue et fondateur de Gatard et Associés, institut de recherche en marketing et psychosociologie de la consommation.

Thème de l’intervention ? Celui du livre de Christian, au titre éponyme (L’Archipel, 2009), soit une belle prospective décapante et inspirante pour prendre de l’avance sur l’avenir. L’avenir, avec son flot de paradoxes et de surprises, nous guette. Prévoir le probable ? Insuffisant ! Le XXIe sera baroque et déroutant.
Sociologue de formation, Christian Gatard se risque dans la jungle des possibles. Il étudie les nouveaux « paradigmes », il scrute au-delà des tendances immédiates, il cerne les nouveaux rituels. Contes et légendes, promesses et espoirs du monde de demain sont au bout de cette exploration. Aventurier de l’éventuel, adepte de la « pensée buissonnière », Christian Gatard écoute citoyens et consommateurs, interroge observateurs et acteurs socioculturels. Son approche apporte sang neuf et sens neuf. Son intervention, haute en couleur, documentée et ludique, présente d’étonnants scénarios de vie.



2013 année terminus – lecture du Dellisse nouveau dans l’avion au dessus du Tibet
7 août 2012, 6 h 51 mi
Filed under: Actualité et nouveautés, Luc Dellisse

Lettre envoyée par le wi-fi de l’A380 entre Shanghai et Dubai.

Luc, mon cher ami

La lecture de ton livre relève d’une étonnante expérience : un texte vibrant, impertinent, désespéré et pourtant espérant. Ce qui vibre c’est l’actualité que me disent les journaux et magazines proposés à bord par des hôtesses déguisées en guichetière de harem kitsch. Pendant que le champagne coule à flots – et du meilleur dans le bar à cocktails de l’A380 qui survole le Tibet – les nouvelles du monde s’hybrident à la lecture de 2013 – Année Terminus. Les titres de la presse mondiale chancellent un moment, vibrant dans la page – c’est dans les avions que plus volontiers je lis la presse papier. Ils sont là en abondance, offerts et dépliables à l’infini, s’entassant tout autour de mon siège à géométrie généreusement variable, créant un océan de papiers froissés, irrécupérables. Quand un article m’intéresse je le photographie pour en garder trace, efficace mémoire technologique. En cette année 2012, pénultième à ton héroïne, une chose est sûre : la sombre mousson des effroyables nouvelles de notre monde est leur chasse gardée et voilà que tu viens mettre la pagaille. Il relève de leur privilège de dire les catastrophes atmosphériques, les cataclysmes financiers, les chamboulements politiques. Je sais bien que par ailleurs il y a toute la littérature de science fiction pour annoncer ce genre de choses. Mais c’est rarement pour tout de suite – sauf peut-être avec Orson Welles et sa lecture radiophonique de la Guerre des Mondes en 1938 ou plus récemment l’émission de 2006  à la Télévision Belge qui annonçait la séparation de la Belgique. Il y en a sans doute eu d’autres.

Pour l’instant, dans mon Airbus, j’hésite : j’ai dit que les mots vibraient sur les pages. Je t’épargne le fait que les maux aussi. C’est qu’il se passe quelque chose de tout à fait étonnant et qui ne doit rien au champagne que je n’ai pas encore gouté car une foule interlope se presse au bar, avide de compenser le prix du voyage par son équivalent symbolique en bulles de luxe. Les mots des journaux et magazines semblent eux déjà pris de boisson – effet des effluves du dit bar ? ou pris de vertige – effet de la proximité de ton texte ?  effet de sidération, alors, devant ce que tu narres ? A ce stade je ne sais pas encore dire. Mais je devine leur manège : ils ont repéré le virus qui va les phagocyter – ils sont rattrapés par ta fable, rejoints par ta littérature de guérilla et acculés par ton humour incandescent. Pour se venger de ton audace ils se glissent dans tes chapitres et tentent d’effrayants accouplements sémantiques entre virtuel et réel. Vient un moment de tension telle qu’il n’est guère possible de séparer l’un de l’autre, la lecture dellissienne du monde et celle de la presse mondiale. Se construisent alors sous mes yeux des chimères typographiques et sémantiques qui n’ont rien à envier au Panthéon Taoïste des pays que nous survolons. Ce sont dragons de feux terroristes, vouivres financières, hydres boursières et autres saintetés violentées. J’exagère bien sûr. Ce ne sont là que les ombres portées par ton exploration parfaitement maitrisée du cataclysme qui nous attend. J’en lis ici la version mythologisée, l’ombre projetée sur un monde d’ombres. Et je reviens à ton texte qui n’est ni un roman ni un document. Peut-être comme tu le prétends imprudemment une fable – mais cette course de la famille nucléaire à quatre enfants n’est pas elle-même un mythe moderne que tu nous concoctes ? Dans la tempête mondiale cette famille puissamment traditionnelle autour du père, cette famille en exode m’évoque une Légende des Siècles inversée où Caïn devient le chevalier errant qui regarde l’œil qui regarde dans la tombe avec ce qu’il faut de défi, de résolution, donc, pour que la peur se lise dans le premier tandis que le second – ton regard – se relève et laisse pantois le créateur.  Bref tu lui fais la nique, au Créateur. Tu reviens aux fondamentaux et tu donnes de quoi se préparer à la catastrophe.  Mieux : tu la métamorphoses. Pire : tu la rends « jouable ». Malin : tu sautes du Radeau de la Méduse à l’Arche de Noé. L’errance familiale vers Bruxelles est une véritable invention – une invention de ta vie, une invention romanesque, une vraie fausse fresque de notre temps. Ton livre documente la comédie du monde. Excuse le néologisme facile mais indispensable : ce qui se passe c’est l’invention de la documédie. Il s’agit ainsi de raconter des histoires qui permettent un nouveau rapport au monde dont on ne saurait jamais s’il est réel ou virtuel – et cela n’a plus d’importance depuis longtemps car il s’agit de la comédie transhumaine qui n’est pas forcément rigolote tous les jours mais qui est notre lot de tous les jours. Transhumaine. Ben oui. J’ai par hasard (même si bien entendu ce concept de hasard est une galéjade) relu ces jours-ci  et dans mes voyages aériens, sur mon Kindle , la préface de la Comédie Humaine. Pour 2 euros j’avais téléchargé tout Balzac, tout Jules Vernes, tout Poe, tout Lovecraft, tout Joyce, tout DH Lawrence…. Et emmené 2013 année terminus. Le style des Anciens est bien sûr un peu daté, ce qui a du charme…. Entre le Château des Carpathes et la Maison du Chat qui pelote, le Dellisse ! quel bonheur que la lecture… quel vice oui ô Larbaud ! Le style de Dellisse sera peut-être daté dans cent ans mais pour l’instant il me bluffe et m’accule – ô douleur exquise ! – à me remettre darre darre à écrire.

Je t’embrasse

C.

Le livre de Luc Dellisse aux Impressions Nouvelles

http://www.lesimpressionsnouvelles.com/catalogue/2013-annee-terminus-2/



4 août 2012, 5 h 07 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Cet été j’explore. Missions prospectives aux Etats-Unis, Mexique, Inde, Chine, Madagascar, Russie, Turquie, Arabie Saoudite… Plongée en apnée dans chacun de ces pays. Sorte de carotte ethnographique et thématique sur l’état de l’imaginaire. Rencontres avec les gens qui font bouger les frontières, prolongent les courbes ou les explosent. Dans chacun de ces pays: conversations, échanges, écoutes, regards croisés. Il se passe quoi chez vous?

J’essaierai de repérer l’hybridation du monde. Peut-être simplement pour vérifier si c’est une bonne hypothèse. voici quelques bribes qui se tisseront au fil des jours, si le mythe d’Arachnée n’est pas une blague…

New York Dimanche 15 juillet.

Commencer par New York n’est que justice puisque le vieux sage m’attendait dans Greenwich Village, hier soir, alors que la veille un rallye de 2CV traversait la ville. Il aurait aussi bien pu remettre la coupe au vainqueur. Non, c’est pour moi qu’il était là.

 L’homme est un peu tapé. Ames sensibles s’abstenir, il est en fait complètement barge. Pourtant il y a quelque chose dans cette figure… une ressemblance, quelque chose de familier.  Diogène ?

On en voit beaucoup des Diogène de nos jours. Aussi n’est on pas très sûr. La frontière entre le réel et la fiction, entre le sage impertinent et cynique qui demande à Alexandre de s’ôter de son soleil et le SDF qui demande une cigarette et de quoi s’acheter une paire de chaussure… elle est où cette frontière?

 L’image du vieux fou qu’une filmographie romantique rend attachant est assez universelle. Et il faut bien dire que certains homeless ont de l’humour et d’autres SDF ont du mordant.

Mais pourquoi cette ressemblance avec Diogène? C’est quoi ce mimétisme? J’ai l’été pour trouver une réponse à peu près sensée parce que je me méfie de ce que je vois. Ces Diogène courent les rues. Et ils ne sont pas tous bien malins. Certains n’ont jamais entendu parler d’Alexandre.

Il faut que j’explore des pistes: le cynisme sera-t-il la nouvelle sagesse des foules?  Les gens qu’on rencontre sont ils des gens ou des émissaires de puissances cosmiques à l’échelle de l’inconscient collectif? Voyez je ne parle même pas de vies extra-terrestres, je parle des hallucinations qu’on peut avoir tout un chacun dans une rue de Manhattan.

Est-ce donc seulement un homme, ce type sur la photo? un type, cet homme sur la photo?

 MacDougal Street frémissait d’exotisme  cheap et charmant sans se rendre compte de l’incongruité de cette visite impromptue de nos anciennes mythologies. Ce n’était pas incongru dans Green Village dont c’est le quotidien, c’est impromptu et bienvenu pour cette première étape.

 Mais comme dans toutes les histoires de fantômes on ne sait pas bien si celui-ci nous surplombe et nous élève  ou nous entraine et nous enfonce.

J’allai lui poser la question mais lorsque je relevai la tête il avait disparu. Il se passe quoi chez vous?  Je ne suis pas sûr qu’il allait me répondre.

Diogène n’est pas un mythe même s’il est peut-être un tantinet légendaire… Ce qui est sûr c’est qu’il ne m’attendait pas ni ne m’attendit et qu’il se foutait doctement de ce que j’allais dire sur lui. Aussi  vais-je absolument éviter de le qualifier de clochard héroïque. Non pas pour par mesure de rétorsion mais parce que les temps futurs vont nous inciter à revoir les règles du jeu.

jeudi Mexico 17 

Au Mexique le culte des Aztèques n’est pas anodin et les crickets grillent dans les restaurants chics. Il y a un lien qui fait vibrer le coeur qu’on arrache aux jeunes filles. J’y reviendrai avec Duncan.

la Campagne de Pub HSBC est dans tous les aéroports du monde. Sémiogorrhée imminente à suivre. Elle me suit la bougre, m’annonce-t-elle ou me dénonce-t-elle?

Dimanche 22 La Réunion

A Mada l’aéroport est fermé pour cause de révolte dans une caserne. Ca fusillade. Il me faut passer par la Réunion avant de tenter un petit avion tout à l’heure. Dans l’avion (celui qui n’allait pas au combat mais vient sagement d’atterrir) j’ai échappé au pire. On m’assis à côté d’une plantureuse martiniquaise qui venait de retirer ses chaussures Guess (c’est possible ça des chaussures Guess?) qu’elle me disait valoir très cher, elle en est à son troisième mariage, a fait fortune comme cartomancienne, marieuse et créatrice de mode (bijoux la Petite Grenouille), possède un appartement sur la cote d’azur et se fait pressurer – elle a un nom de pomme mais j’ai oublié. Elle a eu premier mari blanc, un autre black en Nouvelle Caledonie et elle rejoint son gendarme de troisième mari qui l’attend une fois par mois pour qu’elle fasse le ménage et lui donne son argent de poche. Il m’ a fallu 18 secondes pour apprendre tout ça!!! dieu merci nous étions dans la seule partie de l’avion où on peut accrocher un berceau et l’hotesse tout en sourire me demande si je peux échanger ma place avec la dame qui allaite dans la rangée d’à coté et qui serait bien contente de mettre sa mioche dedans.

à tout de suite… si la mutinerie se calme on décolle dans une heure

finalement tout de suite sera plus tard, même si la mutinerie n’a pas fait beaucoup de morts, je suis arrivé à Tana sans encombres

et je vais raconter tout ça bientôt…

pour l’instant trois photos pour trois moments qui n’ont d’autre objet que fixer une évidence: tout commence et tout finit par et avec les gens et les clichés…  on ne dira jamais assez la vertu des clichés…

Tana

Bombay

Shanghai

le directeur de la galerie d’art lisait le Lotus Bleu en français…

et je repars pour Moscou, Istanbul et Jeddah  pour boucler mon itinéraire estival et mythographique…



une heure pour décrypter les temps qui viennent
20 juin 2012, 7 h 50 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Une keynote conférence d’une heure,  décapante et inspirante,  au carrefour des études, de la prospective et de la curiosité.

Une heure pour guetter l’avenir et faire comprendre à tous son flot de paradoxes et de surprises. Pour préparer votre entreprise, votre institution, vos publics à la navigation périlleuse mais stimulante qui nous attend.

Prévoir le probable ? Insuffisant ! Le 21ème siècle sera baroque et déroutant. Je sillonne les possibles, j’étudie les scenarios, je cerne les tendances, j’explore les nouveaux rituels.

Aventurier de l’éventuel, adepte de la «pensée buissonnière», j’écoute citoyens et consommateurs,  j’interroge observateurs et acteurs socioculturels.

Loin de tout alarmisme, mon approche, prospective, documentée et ludique, présente d’étonnants scénarios de vie dont les plans sont déjà à l’étude…  C’est le sujet de mon précédent livre Nos 20 Prochaines Années. Mon nouveau livre Mythologies des Futurs (à paraître en 2012) continue cette exploration.

Mes keynotes conférences ouvrent des pistes et proposent de nouvelles fenêtres d’inspiration. Invitez les!

Christian Gatard

Fondateur de Gatard et Associés, institut d’études qualitatives, et christiangatard&co, conseil en prospective à l’écoute d’un monde en mutation

Directeur de la collection Géographie du Futur chez L’Archipel pour décrypter l’avenir avec les meilleurs auteurs

Partenaire de NO LOGIC CONSULTING, agréé formation, à la source des meilleurs experts transdisciplinaires

Partenaire de Intersearch, réseau international de sociétés d’études qualitatives pour comprendre les enjeux aussi bien locaux que globaux

contact : +33 (0) 6 07 74 07 71

christiangatard@gatardresearch.com

Ils ont été convaincus…

IRT Tourisme de l’île de la Réunion / Master Group/ horizon 10 ans; Kronenbourg et les figures du plaisir du 21ème siècle; Groupe Prévoir et la protection à 30 ans;Tribu/Agence Carrément –  future trends; UBS/SRG/New-York -European trends; UBS/SRG/Boulder –European trends;Leo Burnett – future trends; Procadres et le vivre ensemble en entreprise demain; Veolia – future trends ; Algoflash – le jardin du futur; Groupe TBWA – Jump – communiquer demain; Crystalco – future trends; Les Grands Ateliers de France – horizon 10 ans;  Sciences-Po Paris – future trends;  Columbia Campus day  – future trends; Intersearch– Oxford –future trends;  Vinexpo – l’étonnante saga du vin demain;  Mod’Art – demain le luxe; Syntec Etudes ; HR LAB avec Business Digest;La Gaîté lyrique et 2062 ; SNPTV – Dauphine ;  ICOM international Cannes avec Quai des Orfèvres…




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