Classé dans : Le blog de Luc Dellisse
1. Ecrire est une activité tellement solitaire que ni le public, ni le média ne peuvent rien pour la socialiser. Celui qu’ils ont en face d’eux, l’écrivain, ils ne peuvent le capter que dans les intervalles de l’écriture. Par définition, s’il est dans une librairie en train de signer ses livres, ou dans un studio de télé pour participer à un débat, il n’est pas en train d’écrire. Il témoigne d’une activité sur laquelle il ne peut apporter qu’un témoignage indirect. Car à l’inverse d’un peintre ou d’un cinéaste, qui si concentrés soient-ils, peuvent avoir une perception du monde extérieur dans l’exercice même de leur création, un écrivain qui écrit, comme un rêveur qui rêve, n’est jamais éveillé : il est dans les limbes. Il ne peut jamais se voir dans l’action. Il peut s’imaginer en train d’écrire : mais juste avant ou juste après l’écriture.
2. Cette impossibilité du témoignage direct (ou de l’observation directe par un témoin) est très sensible dans l’incipit du Mystère Picasso (d’Henri-Georges Clouzot). « Que se passerait-il si nous pouvions voir Rimbaud écrire le Bateau ivre ? » demande le cinéaste. En vérité, la réponse est trop claire. Nous verrions un jeune homme griffonner du papier. Et nonobstant l’émotion que nous pourrions éprouver à voir le vrai visage d’un poète de premier ordre remuer sur l’écran, nous ne serions pas plus avancés que si nous voyions n’importe quel lycéen en train de passer l’épreuve écrite du bac : concentration et incommunication. Le mystère Rimbaud demeurerait intact. Le mystère de la littérature, entier.
3. La littérature est un complot qui remonte aux sociétés initiatiques et qui consiste à donner aux mots un sens qu’ils n’ont pas. Elle repose essentiellement sur la transgression de la vérité directe au profit d’un imaginaire plus performant. Aujourd’hui, nous en avons si bien oublié le sens qu’on voit les médias défendre l’idée qu’il s’agit d’un témoignage vécu.
4. Mais la littérature n’est pas un témoignage, ni même un document humain. C’est une machine à capturer l’éphémère des impressions, des émotions, des événements, sous une forme durable, tout en conservant leur caractère fugitif.
5. A supposer qu’on laisse à la presse, à l’histoire et aux organisations non gouvernementales la totalité des témoignages présents et à venir, le champ de la littérature n’en sera pas réduit d’un iota. L’imaginaire et le secret des hommes resteront à découvrir.
6. Le secret n’est pas un silence. Ce n’est pas non plus un indicible. C’est la réalité humaine renversée. On écrit pour créer de beaux objets avec les échecs de sa vie. Et le secret, c’est la connaissance intime de l’échec mise au service de victoires invisibles.
7. Un secret, c’est le contraire du mensonge. C’est même le noyau dur de la vérité.
8. Pour écrire, il faut écouter sa parole et ses désirs, non ses angoisses et ses complexes. Cette distinction est une des choses les plus occultées qui soient.
9. Tout le monde n’est pas fait pour écrire, et la fausse démocratie qui consiste à croire que chacun est créateur (alors que dans le meilleur des cas, chacun est créatif) est une volonté délibérée d’aveuglement. Car chacun de nous est « un auteur » – l’auteur de toute parole écrite qu’il peut produire, pour tenter de témoigner de lui-même. Auteur est le nom générique qu’on donne aux gens qui écrivent quand ils ne sont pas écrivains.
10. La fonction de la littérature est de produire une certaine densité analogique. Cette densité s’inscrit dans un projet à la fois esthétique et conceptuel. Mais les moyens pour y parvenir sont purement de bouts de ficelle : l’écriture est un artisanat, les idées y jouent un rôle futile, tout est affaire d’apprentissage, de tradition, d’écolage auprès des grands maîtres c’est-à-dire des grands livres, et de petites recettes personnelles, de petites ruses de la main, élaborées une à une et patiemment.
11. Une discussion, un débat, des rencontres amicales, et même un enseignement, ayant l’écriture et la création pour sujet, ne peuvent pas remplacer l’expérience directe de la création. Mais ils signifient généralement qu’on s’intéresse assez à ces questions pour y consacrer du temps virtuel (le temps perdu du quotidien). Il y a une récompense à la clé : surprendre les trésors cachés.
12. L’histoire de la littérature est l’histoire d’une cartographie qui recense la plupart des vérités enfouies. Il suffit de la suivre pour retrouver les trésors. Le trésor Proust, le trésor Stendhal, le trésor Nabokov sont absolument à portée de la main. Il est incroyable que personne ne songe à les déterrer.
13. Nous sommes dans un autre monde. Ce que nous voyons n’est pas la vérité. Il ne s’agit pas du mensonge des images. Il s’agit du mensonge de la « réalité ». Nous tenons pour acquis des gestes et des idées, et une représentation du monde, qui ne sont pas réels. Apprendre à voir le visible est le vrai but créatif, le vrai travail d’un écrivain.
14. Cette entreprise survit à toutes les déceptions. Elle tire parti des catastrophes. Elle transforme l’ombre en lumière. C’est le bonheur dans le malheur.
15. Un écrivain est un lecteur qui un jour se met à lire ses propres textes à venir. On n’est pas écrivain si on n’est pas lecteur.
16. En matière de création littéraire, l’expérience personnelle joue un rôle bien moins utile que l’amour de la lecture et la connaissance de la grammaire. Car chacun portant en soi un monde, il n’est pas impossible ni même très rare de prendre conscience de ce monde. Mais manquent presque toujours les moyens de l’exprimer.
17. La première vertu de la grammaire est de nous éloigner de l’indicible. On dispose d’un instrument aussi fondamental que la gamme pour un musicien. A la pratiquer et à l’investir, on prend conscience que l’indicible n’est qu’une approximation du dicible.
18. Les mots sont presque toujours aléatoires et remplaçables. C’est la grammaire qui leur donne leur portée et leurs sens.
19. On n’écrit pas avec des mots. On écrit avec des phrases. Il n’y a sans doute pas d’autre secret « littéraire» que celui-là.
20. On peut constater du même coup que la grammaire n’est pas le contrôle de l’affect par la raison (ce qui permettrait de croire que parfois, ce contrôle baisse et que l’affect lézarde la glace). Elle garantit qu’il y a un ordre de la langue, au sein duquel nos désordres peuvent s’exprimer.
21. La grammaire implique donc une rigueur morale – le stoïcisme.
22. La transgression grammaticale consciente et cohérente est un des noms de l’écriture littéraire. Elle ne peut porter que sur des points de détails de la langue. Car la langue nous écrit, mais nous n’écrivons pas la langue. Nous n’avons accès qu’au langage
23. Ecrire c’est créer du vrai avec du faux. Le rôle de la vérité est donc parfaitement compatible avec celui du mensonge. Mais la vérité est une fin et le mensonge un moyen.
24. Toute création doit servir à dire la vérité cachée du monde. Mais les moyens pour y parvenir sont l’invention et sa sœur espiègle, le mensonge. En matière d’écriture littéraire, le faux est la vérité du vrai.
25. Importance de la piste sexuelle en littérature : le mystère sexuel est la voie royale d’expression du mystère du monde. Il n’y a d’autres règles qu’énoncer, transgresser, passer de l’autre côté, et voir enfin le mystère en pleine lumière.
26. Admis une écriture en marche, la seule chose qui compte n’est pas de commencer mais d’aller jusqu’au bout. Le commencement d’un texte, si éclatant soit-il, n’est rien. Il faut boucler son cycle biologique complet. Apprendre à finir EST apprendre à écrire.
27. L’écriture se nourrit du passé, pour le détruire et le remonter dans un autre sens ; comme un recommencement de ce qui pourtant n’a jamais eu vraiment lieu.
28. Sous les apparences du retour de l’ancien, c’est le jaillissement du nouveau qui constitue la forme de l’œuvre. Donner un nom ancien à des choses nouvelles est une malice de la vérité littéraire.
29. Le sens de ce renouveau masqué, c’est l’immortalité. A rebours d’une idée reçue, écrire, comme philosopher, c’est apprendre à ne pas mourir.
30. En littérature, le sujet est une notion rassurante mais essentiellement rétrospective : sauf pour les raconteurs professionnels, le sujet est l’envers du récit – par quoi un récit redevient, non pas notre substance intime, mais une histoire entre mille, susceptible d’être racontée par n’importe qui.
31. Sur le vif, écrire, c’est chercher à rejoindre l’horizon, lequel comme on sait recule quand on avance. C’est une intention sexuelle sans accomplissement : on échoue, toujours. Reste le point de vue du désir.
Notules.
A. Le xviiie siècle est le siècle littéraire par excellence parce que c’était un siècle où on n’attachait pas plus d’importance à ses propres émotions qu’aujourd’hui à ses kleenex. On ne croyait pas que ces émotions n’existaient pas, ni qu’elles ne faisaient pas souffrir. On pensait simplement qu’elles étaient sans importance métaphysique.
B. Le xviiie siècle avait raison sur un autre point. Il faut mourir sans avouer. Mais non sans laisser une trace truquée. C’est ce qu’on appelle une œuvre d’art.
C. Ponctuation : le xviiie privilégiait « les temps respiratoires », alors qu’aujourd’hui on privilégie la logique de la phrase. Tantôt ci et tantôt là. Ces deux systèmes de ponctuation sont distincts, mais compatibles. Et c’est un des secrets des secrets du style.
D. Théorie des « notes fragmentaires ». Une note de roman ou de récit doit être imparfaite et inachevée. Si elle est trop précise, trop achevée, trop belle, elle se referme sur elle-même, devient formule, pensée, perle sans couronne – devient un élément fini- et ne peut plus se connecter au mouvement d’ensemble de l’écriture. Tandis que si elle est un bout mal dégrossi, sans commencement ni fin, elle servira de détonateur, quand on la reprendra dans le cours du travail suivi.
E. Différence entre un auteur et un écrivain. Auteur : informations et stories. Ecrivain : musique et maquis de langage détourné.
Classé dans : je me souviens...
Le lieu est connu de tous, dans ses déclinaisons diverses, la classe de ma première année d’école, quelque part au mois de septembre 1983, alors que dans le silence obtenu sous la menace, nous recopiions, mes camarades et moi, les 26 merveilleuses lettres de notre alphabet, je pris soudain la mesure d’un don. Je m’aperçu, par un hasard divin que je devais retrouver plus tard, que je parvenais à écrire les yeux fermés. Que ma main seule alors continuait de reproduire ces runes dont l’usage m’était encore tout à fait étranger. Je tente l’expérience une seconde fois, une troisième fois. La chose est acquise. Autours de moi, les têtes sont restées penchées sur leurs cahiers, ignorantes des risques de la scoliose et de mon pouvoir sur les lettres et sur le monde. Je demande l’autorisation à l’institutrice de m’approcher de son bureau. Je me lève, me dirige vers elle. Arrivé à ses côtés, je déclare, à voix basse : « j’écris les yeux fermés ». C’est mon premier souvenir d’enfant, et dans ce premier souvenir, je me souviens distinctement du hurlement qu’elle a alors poussé, en lieu et place de l’admiration que j’attendais : « mais il est fou celui-là, il écrit les yeux fermé ! Retourne à ta place ! ». Je suis retourné à ma place sous les regards amusés de ces petits écoliers consciencieux dont je ne me fis aucun ami. Ils n’avaient rien compris,… heureusement !
Hassan NASSER
Classé dans : Le Blog de Brice de Villers
C’est pour rire ?
La dernière trouvaille venue illuminer le monde de l’économie numérique porte ce joli nom, si paradoxal et délicieusement intraduisible de « serious gaming ». De quoi s’agit-il en réalité, pour susciter davantage d’enthousiasme, à en croire les propos tenus à son sujet par Nathalie Kosciusko-Morizet, notre si réputée Secrétaire d’Etat chargée des nouvelles technologies, que de circonspection ? Le « serious gaming » ou « activité ludique et amusante nourrie de sérieux » vise à exploiter les nouvelles configurations et potentialités des jeux vidéos pour les exploiter dans d’autres domaines de l’économie numérique. C’est un peu, au fond, comme si le jeu de l’oie pouvait – et devait- devenir un nouvel outil de management, ou le Monopoly faire office de manuel de gestion immobilière (ce que certains investisseurs ont d’ailleurs pu croire un peu vite…). Nous voilà bien loin de la définition devenue classique de l’écrivain Roger Callois qui, dans le remarquable essai sur Les jeux et les hommes, relevait les caractéristiques du jeu comme « une action libre, sentie comme fictive et située en dehors de la vie courante, capable néanmoins d’absorber totalement le joueur ; une action dénuée de tout intérêt matériel et de toute utilité (c’est moi qui souligne) ». On se pince pour y croire : les jeux vidéo ne devraient plus être des « actions dénuées de tout intérêt matériel et de toute utilité », sensées distraire, détendre, amuser le joueur mais comporter en eux-mêmes un esprit de sérieux recyclable par l’économie numérique et l’industrie informatique dans son ensemble ? C’est à supposer qu’en tout homo ludens ( pour reprendre le titre de l’ouvrage de l’historien des jeux J.Huizinga) est tapi un homo economicus qui ne demande qu’à être réveillé. Quel domaine de l’activité humaine pourrait par nature échapper à l’intérêt matériel et à l’utilité sinon le jeu ( et peut-être encore la méditation en attendant d’être reprise par un coach avisé…) ? « Serious gaming », dites-vous, mais pourquoi pas liberté payante, amusement réfléchi, distraction productive ou loisir efficace ? A tout lire sous le spectre d’une récupération possible par les fabricants et les marchands , sous couvert d’un discours nourri d’innovation et de création d’emplois bien sûr, si jouer devient un travail, si s’amuser est on ne peut plus sérieux, travailler deviendra bientôt un jeu d’enfant…. Brice de Villers
Une nouvelle image de l’outil (mars 2009)
Un fabricant renommé de téléphones mobiles et autres instruments de communication et de transmission vante l’un de ses produits sous le slogan « l’intelligence tactile ».
Nous voilà revenus à la lecture aristotélicienne de l’outil comme prolongement de la main, alors qu’il est question d’un objet relevant d’une technologie autant nouvelle qu’avancée.
Qu’en est-il de l’imaginaire des objets portés par ces instruments issus de l’innovation technologique appliquée à la communication ?
S’agit-il de promouvoir un autre rapport entre l’esprit et le corps ou de réitérer à nouveaux frais la dialectique anthropologique si subtilement décrite par le paléontologue Leroi-Gourhan du « geste et de la parole » ?
De quelle intelligence s’agit-il dans ces outils de communication que sont les téléphones, « blackberry » et autres prothèses communicationnelles ? de la capacité de la machine de produire des informations ou de l’un de nos organes sensoriels de saisir le sens d’un message sans en passer par les synapses neuronaux ? « Intelligence tactile » disent-ils, pour mieux rejouer le vieux mythe de l’union de l’âme et du corps ou pour au contraire distinguer ce qui relèverait de la production de signification par les sens opposée au fonctionnement analytique du cerveau ?
On sait désormais que la production et la diffusion de messages reposent autant sur l’activité cérébrale que sur la perception des sens mais l’association sous forme de slogan de la faculté de comprendre – l’intelligence- à la faculté de prendre – le toucher- produit un choc d’autant plus saisissant qu’à la saisie concrète du toucher semble s’opposer la saisie abstraite des informations issues d’un microprocesseur caché dans la « carte SIM » du téléphone en question.
Sous couvert de promouvoir une innovation technologique se cache peut-être la nostalgie d’un homo faber qui n’aurait pas à attendre l’homo sapiens pour être pleinement homo. La production de nouveaux instruments de communication traduit ainsi le désir plus ou moins refoulé de griller les étapes du développement des diverses facultés de l’homme. A l’immédiateté du toucher et de la communication permises par ces téléphones répond ainsi l’abolution des médiations pourtant nécessaires à la construction de l’homme et de son rapport à autrui, à travers ce qui n’est ni intelligent ni tactile mais bien plus que cela : le langage.
FICHER / TRACER ( avril 2009)
Perec, dans un très beau texte paru en 1982 sous le titre « Penser/Classer », nous invitait à revoir comment le monde était distribué par commodité – mais pas en vérité – selon les règles rassurantes d’un code unique : deux hémisphères, cinq continents, deux genres, trois règnes ( animal, végétal et minéral), deux orientations (droite/gauche), quatre saisons,…. Il montrait ainsi que cette tendance à classer, à construire des taxinomies, pour satisfaisante qu’elle soit pour l’esprit, s’épuisait à décrypter un réel qui « ne marche pas, n’a même jamais commencé à marcher, ne marchera jamais » comme ça.
Outre toutes les exceptions qui surgissent et dépassent dès que l’on tente d’ordonner, de lisser ce que l’on perçoit, il est aujourd’hui un massif impossible à faire entrer dans une case, une colonne, une rangée : le monde de l’infiniment petit dont les sciences et les technologies se sont emparées dans tous les domaines : celui du « nano » .
Alors que de sérieux offices, de rigoureux comités, d’irréprochables commissions – à commencer par la CNIL ( Commission nationale Informatique et libertés ) cherchent à protéger le citoyen, le consommateur, tout simplement l’individu privé en contrôlant les différents fichiers où son nom apparaît, ces fichiers deviennent presque exotiques pour ne pas dire obsolètes.
Les nanosciences renvoient à la fabrication à l’échelle moléculaire de produits, instruments, outils et les nanotechnologies s’emploient à rendre possibles, à réaliser ces nouveaux dispositifs aux propriétés extraordinaires en matière de santé, de sécurité, mais aussi extra-ordinaires car utilisables pour le meilleur et pour le pire.
Ils posent alors la question de savoir comment les reconnaître pour mieux en contrôler l’utilisation : faire une fiche, rien de plus simple, mais pister le microscopique, traquer le moléculaire, débusquer l’infiniment petit de surcroît ambulant, et tout se complique.
Tracer, c’est fixer une date sur un lieu, c’est assigner un trait à un mobile, c’est signer d’une signature lisible ; mais si les nanotechniques, les nanoparticules se promènent dans un organisme, nomadisent de l’un à l’autre, divaguent dans l’atmosphère, comment assurer leur « traçabilité », autrement dit comment rédiger l’itinéraire de leur pérégrinations infinies, invisibles et changeantes ?
L’individu-citoyen-consommateur, et tout ensemble, devient un vaste univers peuplé de micro-mondes, le plus grand ensemble des plus petits sous-ensembles et du fait qu’il est lui-même toujours en mouvement, en interaction, en interdépendance avec les autres et son environnment, tout ce petit nanomonde échappe à la vigilance des antiques conservateurs des fichiers et hypothèques.
Ficher, on sait faire, mais tracer et suivre les traces sans s’égarer, s’embrouiller, confondre le petit et le très petit, le micro et le nano, le millionième et le milliardième, voilà ce qui attend notre devoir de vigilance.