les mascarons, peuple des têtes coupées
28 février 2010, 8 h 32 mi
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celui de gauche...

celui de gauche…

si on pousse un peu l’analyse on se dit que ces bêtes-là sont un croisement entre musequin (lion) et mandegloire (homme vert ou feuillu) et on se dit donc que c’est très intéressant, assez rare…

Le 5 avril

c’est un autre, figé dans une serrure, c’est un même, pourtant… il est tenu par un lacet qui fait breloque. Un jour je l’attacherai, il fera cloche…

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Le 28 mars

Sur un rempart de Bari, l’ange cherche à détourner l’attention sulfureuse provoquée par un pontife décalé

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Le 4 mars

Retour de New York, l’hibou du West Side surveille l’Hudson River. On le surprend pas loin de l’atelier de Merce Cunningham. Il sort un peu du cadre habituel, n’étant ni coupé ni occupé. A peine visible, il fallait le chercher. Comme toujours c’est lui qui vous trouve.

hibou-new-york-fevier-2009

le 14 février

Les fontaines et les balcons sont  des terrains de jeux pour les mascarons. Ils y apparaîssent  furtivement, ils s’y délassent et s’y lassent peut-être. Quatre photographies (Aix en Provence et New-York ci-dessous). Un champ à explorer?

aix-deux-tetes

aix-mascaron-sous-balcon

le 13 février

Avant-goût d’arrière-goût new-yorkais. Celui-là je passerai le saluer dimanche prochain.

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et eux, lundi…

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le 3 février

http://jeandler.blog.lemonde.fr/2008/02/06/mascarons/

Une photo de nos têtes coupées sur un blog. Pétillant. Les commentaires sont nombreux et vivifiants.

mascarons-sceaux-de-jeandler

25  janvier 2009

L’éléphant est rare sur les façades. Sur son échine repose l’univers. De la symbolique dont il est porteur, l’Occident retient la lourdeur et la maladresse, l’Orient la puissance et la sagesse. Ici dans le zoo, là-bas dans la rizière. Certains soirs j’aimerais qu’il y ait autre chose que de la symbolique en toutes choses. Qu’y-a-t-il au delà du signe et du symbole?  Le discours savant sur le monde épuise-t-il le monde?  Je veux dire: le vide-t-il de tout le reste? le rend-t- il incapable d’être autre chose qu’une perpétuelle interprétation?

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Eléphant, Paris

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Eléphant, Copenhague

le 18 janvier 2009

Le vieux surveille sans voir. Tout autour passent les foules. Zeus otiosus, retiré du monde qui grouille sous lui. On ne se sépare pas de ses vieux amis.  Quand je longe King Street je suis le seul à lever la tête. Il m’en sait gré. Il ne m’intimide presque plus. Bientôt j’aurai affuté mon vocabulaire. Je saurai le lui dire.

Zeus, toujours, dans King Street au coeur de Covent Garden

Zeus, toujours, dans King Street au coeur de Covent Garden

le 27 décembre 2008

Zeus, très colère, masque de Rodin devant les Serres du Bois de Boulogne, interpelle le quidam. Plus que quelques semaines pour rendre visite au Musée d’Orsay où quelques murs assignent ses amis à résidence. L’occasion de parler d’eux, de les voir de près sans avoir à trop lever la tête est rare.

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17 décembre 2008

Certains mascarons sont dit musequins. Ce sont des lions. Certains lions ont un anneau dans la gueule. Comme celui-ci, à Londres. Cet anneau représente ici deux serpents qui soutiennent une sphère. Cette symbolique me résiste. Ce n’est pas faute de chercher. Le plus souvent l’anneau est neutre, rarement tératomorphe.

londres-musequin

15 décembre 2008

L’Hôtel Amigo, à Bruxelles, est une ancienne prison. C’est aussi l’un des plus chics de la ville. Certainement mon préféré. Dans le Hall trois mascarons goguenards. Ames furtives de détenus  en maraude? L’Hôtel Amigo est il sur un « Grimlingweg » c’est à dire un chemin emprunté par la Chasse Sauvage, La Mesnie Hellequin, le cortège des revenants qui traversent les nuits en cortèges effrayants au son d’étranges musiques?

Mascaron dans le hall d'entrée de l'Hotem Amigo, Bruxelles

Mascaron dans le hall d’entrée de l’Hôtel Amigo, Bruxelles

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Avenue de la Bourdonnais Paris 7ème

Avenue de la Bourdonnais Paris 7ème

Je me fais la réflexion que ces deux premières Têtes Coupées ont un regard absent. Pourtant elles surveillent. Sans doute avec un troisième oeil.

enquete-sur-les-mascarons

Myriam Gallot fait un papier sur Le Peuple des Tetes Coupées. Etonnante Myriam Gallot.

lemeilleurdesmondes.blogs.courrierinternational.com

Le peuple des têtes coupées

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Publié le 25 octobre 2008 par Mgallot

Suite à mon article sur Bureau d’études, j’ai eu le bonheur de rencontrer dernièrement Christian Gatard, son auteur, de passage sur Lyon pour l’une de ses études. Christian Gatard voyage énormément, fréquente nombre de personnes d’horizons les plus divers, et pourtant il a cette qualité rare de savoir se montrer disponible et curieux de l’autre, avec simplicité, de vous donner l’impression d’être tout à vous, attentif et bienveillant.

Christian Gatard, esprit vivace et atypique, s’est pris d’une passion aussi insolite que contagieuse pour les mascarons – oui, vous lisez bien, les mascarons avec un « s », rien à voir donc avec cette délicieuse pâtisserie fourrée très dans l’air du temps – les mascarons, ces figures qui ornent nos façades urbaines, tout aussi délicieuses mais parfaitement ringardes, dont on aurait pu penser un peu hâtivement que plus personne ne les regarde vraiment. Christian Gatard a poussé la passion (je n’ose dire « le vice »!) jusqu’à consacrer un ouvrage entier à ces visages de pierre qui semblent toujours nous contempler de haut, à cet art naïf, mineur et pourtant moins anecdotique qu’on pourrait le penser, parangon du mauvais goût bourgeois: « Le peuple des têtes coupées » (voir sa présentation).

Ils sont Jupiter, Cérès, lion, cheval, et même éléphant, on les trouve sur les immeubles bourgeois du second Empire puis de la IIIème république, à Paris, mais loin d’être une exception culturelle française (Jack Lang nous en garde!), ils pullulent aussi à Londres, à Milan, à Venise, à Prague, à Bruxelles, sur les façades de la même époque. La première guerre mondiale leur fut quasiment fatale, ils agonisèrent pendant les années 20 et 30 jusqu’à la complète extinction.

Inévitablement se pose LA question ontologique fondamentale, une question de nature à vous faire passer quelques nuits d’insomnie: pourquoi les mascarons? Ces figures suspendues sur nos épaules m’ont toujours fait un peu peur, je dois l’avouer…et voici que je découvre avec Christian Gatard que leur fonction originelle (ancestrale) est probablement, justement, « apotropaïque » (elles servent à faire peur aux ennemis, à éloigner le mauvais oeil), comme les têtes coupées aux ennemis suspendues au-dessus des habitations dans les peuplades primitives. Ce n’est pas ce mascaron photographié récemment à Marseille, sur le bâtiment d’une banque, qui démentira l’hypothèse (que cherche à repousser ce mascaron? les démons de la crise financière, peut-être…)

Mais cette première réponse, pour convaincante qu’elle soit, n’était pas de nature à satisfaire Christian Gatard, qui en entrevoit bien d’autres, des plus sophistiquées aux plus fantaisistes et nous convie dans son livre à une bien étrange promenade dans les dédales des villes, mais aussi – et bien plus sûrement – dans ceux de son imagination érudite et sympathiquement farfelue. Car, qui vous dit que les mascarons ne sont pas des agents de circulation des énergies, là pour ralentir l’Histoire? C’est un banquier d’affaire rencontré dans un avion qui inspira cette interprétation inattendue à Christian Gatard: « François F. émettait l’hypothèse que l’Histoire – économique, sociale, culturelle et en l’occurrence financière – venait de connaître une dangereuse accélération et que le monde entrait dans une phase de décélération. Obligatoire, inéluctable, sous peine de déflagration universelle. »

S’il m’est arrivé de me perdre en tentant de suivre les détours de l’esprit de Christian Gatard dans son livre, me voici pleinement convaincue: le rôle des vieux mascarons du capitalisme contre la crise financière ne fait plus de doutes. Esprits rationnels, je vous vois qui souriez, mais on le sait maintenant, rien de plus irrationnel que la finance mondiale.

L’enquête n’est bien évidemment pas close et les mascarons n’ont pas livré tous leurs secrets. Christian Gatard envisage de leur consacrer un blog, occasion de partager ses plus beaux specimens photographiés et ses hypothèses récentes – et peut-être d’initier quelques profanes à l’art clandestin de la chasse au mascaron. (photo ci-contre: Christian Gatard and friend).


Un commentaire so far
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alors donc comment répondre d’une façon succincte et pertinente? Tout d’abord merci de ces commentaires… effectivement ces têtes coupées restent un peu mystérieuses. Dans mon bouquin j’ai imaginé que la première de celles-ci était peut-être le premier trophée du premier combat de l’humanité et que le vainqueur avait planté sur l’entrée de sa case la tête du vaincu pour repousser les mauvais esprits – fonction apotropaïque, disent les livres savants… les ethnologues auront sans doute des réponses non moins savantes. Il faut lever les yeux vers les facades. Je vois avec plaisir que c’est ce que vous avait fait! La suite de l’histoire est une longue aventure de visages qui disent sans doute bien des choses… propriétaires? oui sûrement au 19ème… témoignages au travers des siècles de l’histoire des villes, des facades, de la volonté des hommes de dire, de raconter, d’affirmer – l’architecture est un message aux passants, c’est à dire à chacun et personne en particulier, sans doute au monde entier. Les sculpteurs artistes répondaient à des commandes. 30000 artisans ont émigrés ainsi en Amérique pour créer sur les facades… j »en ai vu de splendides à New York, à Buenos Aires, à Montréal… mais aussi à Prague, à Madrid, à Londres, à Lyon aussi bien sûr. C’est un fait urbain, surtout. Mais les tribus dayaks de Bornéo que j’ai longuement cotoyées ont aussi leurs trophées – j’ai séjourné dans les long-houses du Sarawak où elles me narguaient depuis leurs suspensoirs. Actes rituels de bravoure!
J’espère que vous pourrez trouver le bouquin sinon je vous enverrai un des derniers exemplaires qui me restent. Dernier trophée.
Aujourd’hui – en tout cas depuis le début du 20ème siècle – ils se font rares.
Si vous en avez de belles photos je serais heureux de les mettre sur le blog…
à vous lire…
cordialement
Christian Gatard

Commentaire par christiangatard




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