porte dérobée
2 mai 2010, 9 h 44 mi
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Ceci est un work in progress.

Cette portion du hub a un avantage considérable. Elle est dérobée, presque secrète. Insuffisamment pour être privée toutefois, c’est un seuil, un interstice. Pour y parvenir il faut de la chance ou de la persévérance. C’est donc un lecteur chanceux et/ou persévérant qui débarque dans ce locus solus.C’est aussi là que je peux déposer les signes et les intersignes qui parcourent l’ensemble de cet épisode numérique. J’entends par épisode numérique la totalité de ce qui fait ce lieu : e-dito . Avant e-dito il y avait l’entrepôt de la rue Bichat, avant cela d’autres lieux ont fait l’affaire. Des locus solus. Des places fortes qui ont, comme tous les avatars du même acabit, été des épisodes d’immersion. Immersion dans un espace. C’est de cette nécessité d’un espace vital que je peux entretenir le lecteur qui par aventure se retrouve ici. Ainsi de cet arbre photographié dans le cimetière de Courbevoie . Il est contraint, travaillé, obligé. Il raconte la rencontre – tout sauf fortuite – entre l’organisation numérique et la sève qui grimpe encore des demeures des morts. C’est un point de départ… ou un carrefour. Les deux propositions fonctionnent. Elles ressortissent de la même nécessité. J’ai écrit sur l’idée de locus solus dans mon dernier bouquin: un lieu vierge et fertile où tout peut recommencer à partir d’une mise à plat, d’une évacuation radicale… Parlons donc de l’organisation numérique que cet arbre suggère au passant. Elle n’est évidemment pas libre. Les branches ont été soumises à la loi du jardinier funéraire. Elles n’ont pas l’apparente liberté de l’arbre en forêt. La liberté de l’arbre en forêt est au demeurant toute relative. Les formes des arbres sont celles de sa nature d’arbre. Elles subissent ou acceptent le destin de tous les arbres: être un arbre,  occuper son espace vital.  Sa liberté est de s’inscrire dans ce destin-là. L’arbre du cimetière de Courbevoie est conçue par et avec l’intelligence de la matière – et j’entends ça dans les deux sens : l’intelligence de la matière c’est une matière intelligente (le jardinier a lié  ce qui selon lui devait être lié,) et la compréhension même de cette matière par le jardinier( il s’est servi de la force de la sève qu’il a choisi de chevaucher et dominer – malin,  l’arbre a joué le jeu). Cet arbre est donc un lieu de tensions. Il évoque d’ailleurs les lignes de haute-tension qui lacèrent le paysage des campagnes et indiquent une modernité. Ou en tout cas un moment de la modernité : 20ème siècle et décennies suivantes, jusqu’au jour où elles seront enterrées. Signe ephémère donc. Quoiqu’il en soit, quelque chose se joue dans son espace vital. Quelque chose qui appartient à l’humus des morts, à la sève du vivant, au désir du jardinier. C’est peut-être le moment de convoquer la figure du serre-joint. Je n’ai pas encore écrit le mythodrome du serre-joint. C’est l’occasion de commencer.   J’utilise les serre-joints depuis les années 80. Dans l’installation proposée dans la Galerie de Virginie Jost et Guy Crété en 1989  – Les Origines de la Bête à Cornes des origines – j’avais joint des objets: des camions miniatures, des photographies, des morceaux de tissus épais. Ils étaient visibles, faisant partie du décor. Mon serre-joint de référence a longtemps été la gamme rouge importée d’URSS. On en trouvait pour pas cher dans les solderies. Il laissait une odeur assez désagréable sur les doigts, il ne fallait pas trop le forcer : il pouvait se briser, mais sa manipulation, sa ruguosité , son efficacité correspondaient parfaitement à ce que je cherchais… ou à vrai dire, comme je ne cherchais rien particulier, ce que je trouvais dans son fonctionnement me convenait très bien. Il autorisait des rapprochements, des attouchements, des étreintes, des oxymores d’objets. J’avais utilisé le terme de mythodrome pour présenter mon expo de 89. Ce n’était pas la première fois que j’en faisais usage. En 79, dans la galerie Au Lieu d’Image au 27 rue Bichat, j’avais titré mon installation Mythodrome Charrue. J’ai donc une certaine suite dans les idées puisque ce blog a aussi une catégorie intitulée MYTHODROMES et s’est enrichi de contributions de qualité que j’incite le lecteur à lire. J’ai peut-être de la suite dans les idées mais elles prennent leur temps pour s’exprimer dans les galeries. Une installation tous les dix ans! et encore celle des années 90 est dans la galerie d’ e-dito , celle de la première décennie de ce millénaire dans les bureaux/jardin de la rue Aumont Thiéville et tout ceci est d’une grande discrétion. Le titre de ce post – porte dérobée – reste donc légitime. Je disgresse. Revenons au cimetière. Le même lecteur avisé aura pointé l’évidence: le nom même de Courbevoie n’est pas fortuit. La pure ligne droite est rare dans l’univers naturel. Appolon est sans doute le dieu de la ligne droite et Dyonisos celui de la courbe. J’éprouve une gourmandise métaphysique dans les cimetières. Dyonisos, les courbes, les galbes, les formes de la caresse s’y rencontrent. Festin secret, bien entendu.

(à suivre le reste est dans la salle des machines…)

 

Cet arbre n’est pas virtuel. Sans entrer tout de suite dans les détails, je précise toutefois que je n’oppose pas virtuel et réel. C’est un combat dépassé. La porosité entre les deux a créé un nouveau composite dans la représentation du monde. (salle des machines)


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