Qui a peur du futur ?
11 mai 2011, 20 h 05 mi
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Qui a peur du futur ?
 
Lors d’une récente rencontre organisée par un « think tank » sur l’avenir des humanités, je me suis fait la réflexion que le public était majoritairement constitué de ce que la political correctness nous demande d’appeler « seniors ».
Le cocasse, c’est qu’il était question des Anciens, les vénérables majores que tout latiniste a cherché à honorer sinon à admirer dans ses traductions de Cicéron ou Horace et que le propos de l’intervenant visait à en montrer l’actualité, la valeur, la distinction pour les générations présentes et à venir.
Comment parler des Anciens sans intéresser seulement les seniors ?…
Voilà tout l’enjeu proposé par cette rencontre . Mais aussi comment expliquer que l’avenir des humanités, la réflexion prospective ancrée dans une méditation des Classiques ne soit pas la préoccupation des managers, décideurs et autres acteurs de l’économie et de la société de demain ?
Il peut s’agir d’une illusion rétrospective, où les plus âgés d’aujourd’hui revivent avec nostalgie la ferveur de leurs études passées, pour mieux apprécier qu’elles les ont amené aux responsabilités présentes , faisant de l’un un président honoraire, de l’autre un ancien directeur général et du troisième un « grand témoin » pour tables rondes médiatisées.
Mais il peut tout aussi  bien être ici question du rapport à l’avenir comme point aveugle de nos sociétés accrochées au présent comme un mollusque à son rocher, laissant le flux du temps submerger la seule dimension qui vaille : le présent, l’immédiat, l’actuel.
Préparer l’avenir en lisant les Antiques ? cela paraîtrait au mieux exotique au pire déplacé à l’heure de « l’homo zappens » et de l’individu avec ses grands « I » ( I-phone et I-pad).
Et pourtant, si c’est de l’humanité qu’il s’agit , il en va  de ce qui nous maintient par delà l’histoire, le passé et les grands âges révolus .
Aurions-nous alors peur du futur pour ignorer son lien avec les civilisations passées, avec le destin de Rome, Sparte ou Athènes ?
Envisager le futur, c’est un truisme de le dire, c’est l’appréhender à travers l’écho du passé qui toujours retentit, parce qu’il résonne pour nous autres humains.
Brice de Villers, philosophe

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