découvertes
19 mai 2011, 16 h 13 mi
Filed under: COUPS DE COEUR

 Ce blog est un hub,  c’est à dire un point de convergence autant que de divergence: inspirations, inventions, salle d’arrivées, salle de départs, perles de sociocultures en vitrine, Cabinet de Curiosités en arrière-boutique, salle des machines un peu partout.  Ne vous étonnez pas de vous y étonner. S’y bricolent des pistes pour demain. CG.

Dans cette livraison deux découvertes : Evangelia Kranioti et Michel Gorsse qui revient d’Oulan Bator avec Ganbaatar Choimbol 

Découverte 1

FotoRio ouvre ses portes le 28 mai 2011 à Rio.  Evangelia Kranioti, jeune photographe grecque  installée au Brésil, fait partie de la sélection officielle. Elle était à Paris cette semaine. Claude Grunitzky nous l’a présentée. Merci Claude toujours généreux dans ses découvertes!

 

HEROINAS  est un projet  passionnant et fertile.

Le dispositif de HEROINAS est magnifique et fascinant. 

Puissamment ancrées dans un temps contemporain, ces images de femmes d’aujourd’hui font surgir de la nuit des temps un mythe inattendu,  joué et rejoué sans cesse, mais oublié de l’homme moderne.

Celui de la femme absolue, solitaire, démiurge – la femme avant Eve, et après elle : Lilith. Lilith , la première femme d’Adam, son égale absolue, celle qui a su lui tenir tête, refuser le rôle et la position qu’il voulait lui imposer dans l’amour, celle qui a dit merde à Dieu et a pris son envol.

Cette séquence de photos la rend présente , immédiate, terriblement contemporaine. Eternelle. Regardez :  Adam a fui le paysage, Adam n’est pas en ville, Adam est terré quelque part, en berne.

Les femmes d’Evangelia tiennent  l’homme en respect. A distance. Sans haine ni mépris. Le temps de ces femmes est un temps sans l’homme – une respiration. Elles ne l’ont pas fait disparaitre, elles l’ont mis de côté le temps qu’elles reprennent leur souffle, qu’elles adviennent à elles-mêmes, qu’elles trouvent leur territoire.

 Peut-être l’homme reviendra-t-il. Mais pas maintenant. Ce temps est celui de la femme qui triomphe dans toutes ses beautés, dans toutes ses configurations, dans toutes ses acceptions. Avec ses multiples et puissants visages, Lilith s’incarne dans tous les corps, dans toutes les postures, dans tous les paysages, solitaire et sereine.

 

Elle déambule dans un monde post-industriel… déambule ? non elle flotte, comme au-delà de toutes souffrances, comme dans une absolue méditation sur elle-même. Elle met à distance, elle interdit la compassion, elle affronte son devenir.  Lilith revendique et obtient l’égalité avec l’homme, non sans douleur, non sans sacrifice.

Le dispositif de HEROINAS remet la femme au centre.  Evangelia y décrit  la solitude acceptée, maîtrisée, la question des origines, du désir, de la fuite et des retrouvailles avec soi, la quête d’identité.

Chacune de ces photos apparait comme une séquence dans le grand récit de la féminité, comme le renouvellement contemporain de ce récit. Pour chacune de ces femmes l’histoire de l’humain est encore à écrire. Chacune de ces photographies est le point de départ d’un conte moderne, chargé de mystère – chargé de raconter une nouvelle histoire du monde.   C.G.

Je photographie le réel pour créer quelque chose qui l’est moins. Il suffit parfois d’une fraction de seconde pour qu’un visage emprunte les traits d’un alter ego latent, jusque là encore inconnu. La vie de nos propres images nous échappe et l’image de nos propres vies ne nous appartient pas. Mes Héroïnes sont des personnages en quête d’auteur, libres à incarner toutes les femmes à la fois. Simples passantes dans une histoire jusqu’à protagonistes dans une autre, comme dans le Rêve familier de Verlaine elles sont ni tout-à-fait la même, ni tout-à-fait une autre. Je suis sensible à ce potentiel de transformation qui est propre à la nature féminine, et qui repose dans le lac du regard, au détour d’un geste transcendant le contexte de l’image et son objectivité. Puis j’ai la conviction intime qu’en s’éloignant des apparences on ne peut que s’approcher à l’étrange vérité des choses. Au final tel est mon désir : créer des images qui racontent des histoires plus vraies que réelles.

Evangelia Kranioti       

Découverte 2

Michel Gorsse m’a fait parvenir son DIVAGALAMES paru chez ASILE POETIQUE,  un excellent dictionnaire subversif et pétillant de mots inventés

Il est l’auteur du CHEMIN DES CHANTS D’OISEAUX, puissant récit de son carnet de route sur le chemin de Compostelle, de nombreux recueils de poésie, membre actif du CERCLE DES AUTHENTIQUES CABOCHARDS DE L’IF et contributeur de La Licorne d’Hannibal, une revue artistique et littéraire basée à Perpignan dont chaque numéro axe sa thématique sur un artiste et un écrivain, le plus souvent méconnus du grand public.  Michel était donc destiné à rencontrer à Oulan Bator l’incroyable Ganbaatar Choimbol dont il a fait son ami

 

 

Je reviendrai bientôt sur ce peintre mongol. CG


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