Regis Estace, Stephen Peirce, Emile Morel et Pascale Consigny
5 juin 2011, 6 h 21 mi
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Ce blog est un hub,  c’est à dire un point de convergence autant que de divergence: inspirations, inventions, salle d’arrivées, salle de départs, perles de sociocultures en vitrine, Cabinet de Curiosités en arrière-boutique, salle des machines un peu partout.  Ne vous étonnez pas de vous y étonner. S’y bricolent des pistes pour demain. CG.

Envie d’un bonus prospectif ? cliquez dans l’image   

Regis Estace, galeriste visionnaire, 74 rue Charlot dans le Marais, à Paris.

à visiter avant le 18 juin

J’étais venu pour Pascale Consigny qui présente l’exquis projet de La voleuse, Galerie Charlotte Norberg, au rez de chaussée de cette même adresse et dont je vais dire un mot dans ce post mais c’est Régis Estace qui m’accueille à l’étage. Il présente Stephen Peirce. Pascale Consigny propose une peinture figurative et un immense talent dans la veine de Hopper. Stephen Peirce explore les mondes transhumanistes et croise la science-fiction. Emile Morel, autre artiste proposé par Régis Estace, lui répond en écho et fait surgir les imaginaires d’un futur baroque. Il y a une filiation avec Yves Tanguy pour le premier et peut-être avec le Douanier Rousseau pour le second.

Que ces trois artistes évoquent ainsi des figures connues de l’histoire de l’art me semble parfaitement réjouissant. Ils s’inscrivent dans un cheminement, un sillon fertile. Pascale Consigny expose  un monde familier qu’elle recrée avec une empathie et  une  fraîcheur émouvante. Stephen Peirce et Emile Morel explorent des mondes inconnus, intérieurs et futuristes qui relèvent de la prospective la plus téméraire.

Un passage au 74 rue Charlot est urgent pour s’imprégner – au rez de chaussée comme à l’étage – d’expériences profondément différentes mais essentielles.

Régis Estace devant un Peirce (reproduit plus bas) et un Morel 

Régis Estace présente ainsi sa démarche: « un art de l’infiniment petit, de l’infiniment grand, de la répétition, de l’enchevêtrement. Un art qui a presque rejoint les comics et les BD d’anticipation que nous lisions enfant. Un art bouleversé par l’informatique, la génétique, la globalisation. Un art alchimique aux frontières du figuratif et de l’abstrait. Un art où l’on ressent un futur qui s’effraie en même temps qu’il espère ».

C’est peu dire que nous sommes sur des carrefours communs. La prospective buissonnière et peu académique que je pratique s’abreuve à ces sources. Croisements fertiles entre science-fiction, sociologie du présent, exploration des textes ésotériques , voyages, ethnographie du réel, un bon principe de réalité ancré dans l’entreprenariat  des créatifs culturels, un solide principe de plaisir que les conversations seules autorisent. Rencontrer Régis Estace accélère le monde et ralentit le temps pour mieux le goûter.

Stephen Peirce

Les peintures de Stephen Peirce décrivent des mondes inconnus composés d’éléments familiers et pourtant inidentifiables. Inspiré par l’astronomie, les écrits de Ballard et Huxley, le cinéma de Tarkovski et l’inquiétude de la communauté scientifique quant à l’avenir de la planète, Peirce imagine la vie dans un chaos post apocalyptique. A partir des déchets d’une société humaine disparue, une matière s’accumule, se développe et s’organise en formes nouvelles. Processus d’agrégation propre à la vie dont l’artiste nous rappelle la permanence et l’infinie valeur…

Emile Morel  http://emile.morel.over-blog.com/

Émile Morel –  surréaliste, voire psychédélique –  attire, inquiète et fascine. Dans ses « dessin-collage » des éléments disparates, de sources diverses, sont redessinées et réunis dans des mises-en-scènes où le bonbon le dispute à l’entraille. À la fois pop, drôle, éclatante et ostentatoire, contemplative et silencieuse, l’oeuvre de Morel joue sur les contrastes, s’amuse à les mixer. On pense d’abord contempler une scène pleine d’insouciance, de luxuriance, de lumière, de couleurs – en un mot presque enfantine – mais bientôt, on est obligé de constater le drame qui se joue. Chaque scène renferme le même secret : les personnages, les animaux et les choses y souffrent d’un mal étrange qui les duplique, les métamorphose voire les ronge sans qu’ils en aient apparemment conscience. Une sorte de lèpre baroque, qui, dans la multitude et la saturation, anime le détail de compositions en apparence classiques et posées. Les personnages de Morel ne comprennent-ils pas ce qu’ils leur arrivent ? Souffrent-ils stoïquement, résignés, fiers et mélancoliques? Ou ont-ils simplement décider de s’adapter en permanence afin de préserver l’équilibre, l’harmonie de l’ensemble mouvant qu’ils composent ? S’adapter, quitte à ne plus se reconnaître, à disparaître, à ne plus être…?

(Ces textes sont de la Galerie Estace)  www.estace.fr

Si la peinture de Pascale Consigny relève d’une autre démarche elle n’en est pas moins fascinante. Le dispositif scénique de la galerie installe une histoire. En voici la maquette. Cela parait un peu abstrait à partir de cette photo mais sur place on entre avec bonheur dans cette enquête mémorielle de l’artiste.

Dans l’oeuvre de Pascale Consigny et la brillante installation de la Galerie Charlotte Norberg des secrets sont cachés, des enquêtes sont menées, des pistes sont à découvrir.

Lien indispensable vers un très beau texte sur le travail de Pascale Consigny

http://mariedeparis-yafil.over-blog.com/article-pascale-consigny-est-elle-une-voleuse-les-indices-sont-a-la-galerie-charlotte-norberg-74493020.html

Au 74 rue Charlot, deux tensions de la modernité de l’art se cotoient et se complètent avec brio.

cg


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