Au nom d’Alexandre
22 janvier 2016, 17 h 52 mi
Filed under: Actualité et nouveautés

Au nom d’Alexandre

d’Olivier Auroy

aunomd'alexandre

Qu’est-ce qui fait d’AU NOM D’ALEXANDRE un livre absolument juste, pétillant, hilarant, émouvant et cathartique ?

C’est la question qui m’a accompagné tout du long de la lecture – sans jamais la gâcher, plutôt en la stimulant.

Il y a d’abord, d’entrée de jeu – et je ne spoile rien, c’est la première phrase – la narratrice – Fanny . Son job est d’écrire la vie d’Alexandre qui est en fin de vie. Belle invention littéraire : raconter épuise Alexandre et c’est pourtant cela même qui le maintient en vie. Il y a là quelque chose de léger et grave qui est la couleur même de ce récit tout en tensions de la même qualité. C’est peut-être ça qui en rend la lecture jubilatoire et mordante. Car une autre tension vient se greffer sur la première – ce pour quoi et ce comment la vie d’Alexandre fait sens : le mot, les mots, l’invention des mots qui commencent par être une passion puis devient une profession et reste une adoration. Alexandre dévoile à Fanny une série de mots inventés (tous plus malins et pertinents les uns que les autres) pour des situations de la vie quotidienne, pour des produits de consommation, pour des cocktails… et peu à peu pour des causes de plus en plus conséquentes – des armes de destruction plus ou moins massive jusqu’au nom du … non là il ne faut pas spoiler car quand on arrive à ce stade du récit je suis devenu Fanny. J’ai eu sa curiosité et son empathie envers Alexandre, j’ai découvert séance après séance son don pour les mots, le jeu avec les mots, sa capacité à nommer les choses, avec science, humour et pertinence. Comme elle j’ai admiré et aimé ce mourant vitupérant et flamboyant. Comme elle j’ai été fasciné par le récit d’une vie à rebondissements, inspirée et traversée par des personnages formidablement campés – les deux grands-pères, la femme de sa vie, l’ennemi, les copains…

Et puis dans les interstices du récit se tisse une ultime tension que l’auteur aborde avec une infinie délicatesse, l’air de ne pas y toucher et qui pourtant dégage une émotion puissante au terme d’une lecture haletante: l’invention des mots c’est la création du monde. Alexandre, inventeur de mots, a quelque chose d’un démiurge – le dénouement le suggère avec autant d’émotion que d’humour. Bien sûr Olivier Auroy est bien trop subtil pour le dire aussi sentencieusement. AU NOM D’ALEXANDRE est tout en nuances … et en coups de poing. Une lecture stimulante, inspirante.

http://livre.fnac.com/a9204398/Olivier-Auroy-Au-nom-d-Alexandre

 

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